La présomption d’innocence constitue un n paradoxe né, de façon général, de la rencontre de deux séries causales indépendantes. Cournot définissait le hasard, précisément, comme cette rencontre.
Par exemple :
Série 1 : Je me lève, il fait beau, je décide d’une promenade, je vais longer la rue jusqu’au parc.
Série 2 : Un couvreur répare le toit d’un immeuble, i est appelé en urgence sur un autre chantier, il se presse et fixe mal une tuile qui va finalement tomber.
Le hasard : Je passe devant l’immeuble au moment où la tuile tombe, je la prend sur la tête et je meurs !
Le hasard n’est pas le fait de ma mort mais celui de la rencontre, inopinée, de deux séries causales.
Plus un événement dépends de nombreuse séries causales, et plus le risque de collision ou de paradoxe est élevé.
Notre justice est construite sur deux axiomes :
- La société a le droit et le devoir de défendre ses citoyens devant la délinquance.
- Mieux vaut un criminel en liberté qu’un un innocent en prison.
La présomption d’innocence répond à ces deux impératifs
- Supposons que vous soyez suspecté responsable d’un délit. Vous êtes lis en examen … donc présumé coupable.
- On vous alors présumé innocent avant tout jugement. Notez qu’on ne peut jamais être présumé innocent si on n’a pas au préalable été présumé coupable, cela n’aurait aucun sens.
- On peut quand même vous mettre en détention provisoire pour éviter tout risque de récidive. On estime alors que vous êtes susceptible de reproduire un acte … que vous êtes présumé n’avoir pas commis.
C’est la rencontre entre le fait se protéger les citoyens et de respecter leur liberté qui crée ces paradoxes.
Notre conscience, notre identité, est construite sur de multiples séries causales (nos expériences vécues ou apprises) qui forment notre réseau de conscience. Issue d’origines multiples et disparates elles est peuplées de ces milliers de paradoxes qui peuvent entrainer des comportements illogiques voire des psychopathologie sous forme de troubles cognitifs plus ou moins graves.
PS. Bouddha voyait dans les paradoxes de pensée une chose normale, non critiquable car inévitable. Notre pensée construite autour d’un système de représentations disparates et incohérentes ne peut que nous y conduire. D’où son précepte de vivre en se débarrassant de tout système de représentations , forcément erronées, pour accéder à la vérité.
