Repentance et sentiment victimaire

LA REPENTANCE

Deux dates historiques : En 1995 Jacques Chirac fait acte de repentance reconnaissant la responsabilité de la France dans la rafle du  Vel d’Hiv en 19942. En Février 2017 Emmanuel Macron reconnaît la colonisation, notamment par la France, comme un « crime contre l’humanité »

Un peuple, une nation, une ethnie sont des concepts abstrait incapable d’action. Ce sont les individus qui agissent et qui portent  la  responsabilité de leurs actes.

L’histoire juge les états, par globalisation, mais la justice juge et puni les individus.Accuser des concepts  c’est nier ou minimiser la responsabilité des individus.

 A travers ces actes symboliques et assez démagogiques de repentance je me trouve, moi Français, me repentir d’actes que je n’ai pas commis en m’excusant auprès d’autres  personnes qui ne les ont pas subis. Kafka revient nous ! On peut estimer, à  juste raisons que dans certaines circonstances des Français ou autres se sont mal conduit, le déplorer, les condamner, mais cela ne justifie en rien de faire porter ces erreurs, ces égarements funestes, sur leurs descendants comme une tâche indélébiles pour de nombreuses générations. Faire porter à une collectivité les fautes de certain, fussent-t-ils nombreux, revient à diluer leur responsabilité en la faisant assumer par d’ autres.  C’est l’histoire qui décide. C’est l’histoire qui juge et non les discours de certains même bien intentionnés. Le « gènocide Arménien » est un fait historique et que la  Turquie  le reconnaisse ou non n’y change rien.

Dans la bible le péché original (supposé) d’Adam et Ève rejaillît sur tous leurs descendant. Dieu a une curieuse notion de la responsabilité ! Doit-on indéfiniment reprocher à nos amis Allemands les crimes de leurs aïeux. Bien sîr que non. Par contre les groupes néo  nazis qui sévissent en Allemagne. et se revendiquent les descendants des bourreaux, endossent, de fait, la responsabilité de leurs crimes passés et mériteraient d’être considérés comme leurs complices.

Chercher des « boucs émissaires » dans le présent pour assumer les crimes du passé et un non-sens et une forme d’escroquerie intellectuel. Laissons les morts ou ils sont et faisons-en sorte de tirer les leçons de l’histoire pour ne pas renouveler les erreurs qui ont été commises

LE SENTIMENT VICTIMAIRE

C’est bien sûr l’autre face du problème fondée sur la même projection du passé sur le présent. Je souffre de ce qu’on souffert me anciens …comme si la douleur se transmettait génétiquement (ce que certaines théories avancent pourtant) La colonisation, la Shoa, sont certes des crimes abominables, mais n’impactent  en rien nos responsabilités d’aujourd’hui. Un arrière-petit-fils d’esclave est-il un esclave ? Bien sûr que non. Il assume bien souvent une hérédité sociale ,mais pas plus que n’importe lequel des autres citoyens. Des populations entières se vivent come issu de l’esclavage ou de la Shoa. Cette complaisance dans un passé qui ne leur appartient pas les empêche d’être ce qu’ils sont vraiment … des individus à part entière, riches de ce qu’ils sont et non de ce que les autres ont été.

Ne nous vivons pas comme des être issus des limbes du passé amis comme des êtres en devenir de ce que nous voulons être.

Quand je cotoye un individu je ne me pose pas la question de ce qu’était son arrière grand père mais ce qu’il est et de ce qu’il peut devenir. Cessons de nous réfugier dans de fausses excuse et assumons-nous  pour ce que nous sommes

CONCLUSION

Qu’i s’agisse de repentance ou de sentiment victimaire la démarche est de  même nature. Assumer les erreurs de nos prédécésseurs est une façon de se donner le « beau rôle », le rôle du gentil,  et de s’exonérer des erreurs que nous sommes en train de perpétuer. Pour les victimaires notre repentance n’est pas une revanche sur le passé, mais une victoire sur le présent.

D’autre part, être victime des souffrances causées par  nos aïeux est une façon de se dédouaner d’une difficulté ou incapacité à assumer son présent. Se sentir comme victime c’est aussi  agresser l’autre dans son présent… et en faire sa victime.

A ces gens qui se vivent en coupable ou en victime je leur dit ; » soyez ce que vous êtes et non un fantôme du passé ! »

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