Rapidité des réactions affectives et cognitives

Lionel Naccache à montré que la connexion neuronale a une certaine temporalité. La transmission des informations vers et dans le cerveau n’est pas immédiate mais nécessite un certain temps. Ce temps peu varier selon le type d’images mentales que le processus met en œuvre. La réaction dans le domaine de l’affectif est nettement plus rapide que dans le domaine du cognitif.

La vitesse de transmission dans un fil électrique est d’environ  200.000 Km/s, ce qui est très rapide mais pas instantané, il en est de même pour la transmission d’un signal électrique vers et dans  le cerveau

Prenons un exemple : Un individu est agressé. Sa première réaction va être celle de l’animal menacé, une réaction de peur, de  défense, voire de contre-attaque. C’est l’affect qui réagit immédiatement.

Dans un deuxième temps le cognitif se met en action qui juge de la situation, l’évalue par rapport aux normes sociales, aux valeurs personnelles de l’agressé,  au positionnement qu’il a vis à vis de son agresseur, et la réaction cognitive va contrôler la réaction affective et conduire au comportement final.

Un petit exemple personnel. J’ai un premier rejet, à priori, quand j’entend la langue Allemande. Dans un premier temps surgissent à ma mémoire mon éducation durant et après la seconde guerre mondiale, baignée dans un univers « anti boches » de « nuit et brouillard » à « papa Schultz » . Puis dans un second temps, bien sûr, la raison prend le dessus pour me dire qu’une langue n’a rien à voir avec les comportement de ses pratiquants, que le passé est mort … mais le reflex affectif profond, rapide , immédiat est bel et bien  là !

Plus l’individu sera « primaire », proche de ses émotions  et plus l’affect l’emportera sur le cognitif, la réaction sera impulsive et sans nuances. Au contraire chez un individu plus « secondaire », en recul sur ses émotions la réaction cognitive pourra contrôler  l’affect.

L’individu « secondaire » peut avoir tout à fait la même réaction affective que l’individu « primaire » mais, par contre, il dispose de bien plus de capacités de contrôle de sa pulsion primaire.

C’est bien ce que montre le modèle de la psychologie relativiste. En effet les images mentales dans le domaine de l’affectif ont un minimum de relations logiques de dépendance avec le reste du réseau de cconscience. Le signal reçut a peu de chemin à parcourir pour  faire l’analyse complète de la situation et la réaction et rapide et sans nuances. Par contre les images du domaine du cognitif son extrêmement riches en relations avec l’ensemble du  réseau. L’analyse par exploration sera plus longue et la réaction sera  différée et plus complexe. Chez certains la réaction primaire  peut même être carrément bloquée pour être mise en sommeil … et générer la rancune.

Autre exemple : Quand on fait une « étude de texte », à tête reposée on trouve une certaine richesse à travers les mots qu’on ne soupçonnerai pas si ce texte nous était simplement lu. La perception immédiate est bien plus globale que l’exploration analytique.

Cette dualité dans nos décisions explique également comment nous prenons parfois des décisions impulsives contraires à os intérêts raisonnés. Dans le cas des addictions, par exemple, la raison nous indique de ne pas « consommer » mais nos affects nous poussent à le faire … et l’immédiat l’emporte toujours sur le long terme.

C’est le jeu des populistes que d’actionner les réflexes plutôt que l’analyse dans leurs discours. Ils préfèrent réveiller l’animal qui sommeille en nous plutôt que l’humain qui pense ! Un animal ça se dresse et se conduit plus facilement qu’un humain. Ce que détestent le plus les populistes se sont les intellectuels car ils échappent à leurs  discours,  ceux qui  réfléchissent avant de réagir car l’analyse des discours populistes révèle vite leur vacuité et leur incohérence..

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