J’ai eu l’occasion de montrer comment notre conscience se construit de strates en strates chaque nouvelle expérience prenant son sens par rapport aux expériences précédentes.
Divers accidents peuvent gêner la création d’une conscience parfaitement cohérente
- Un mauvaise interprétation d’une expérience en regard des expériences précédentes. Ceci crée un nœud erronée dans le réseau de conscience et toute nouvelle expérience analysée par rapport à ce lien défectueux conduira à une chaine de prise de conscience, certes cohérente, mais erronée par rapport au reste de la conscience.
- Lorsque deux événements apparemment indépendants sont source de deux chaines causales apparemment indépendantes, la conjonction de ces deux chaines peut créer des incohérences, des paradoxes dans le réseau mental.
Je prendrais en exemple le domaine du « vivre ensemble » celui de la morale, du droit, de la justice, du juste, de la légalité , ou de la légitimité.
Le droit : C’est la traduction d’un consensus social établissant les droits et devoirs d’un citoyen ; Il est fondé, prioritairement dans le cadre d’un régime politique choisi ou subi sur des consensus acceptés ou subis.
La justice : Elle est chargée de la surveillance de la bonne application du droit et de sanctionner tout manquement dans son usage. Elle dépend évidemment directement du droit mais aussi du régime politique.
La légalité : Elle représente la conformité d’une action aux règles de droit qui la régissent. Elle dépend directement et seulement du droit.
La morale : C’est un autre élément du « »vivre ensemble » fondé, lui, sur des convictions individuelles éthiques ou religieuses. C’est une valeur personnelle qui ne dépend, en principe, ni du régime politique ni d’un consensus citoyen.
La légitimité : C’est l’évaluation de la valeur morale, religieuse ou éthique d’une action. Elle ne tiens compte d’aucun consensus ni du droit.
L’égalité : C’est une notion de la justice qui nous vient de nos profondes racines chrétienne. C’est Jésus, fils de dieu pour les chrétiens, dangereux agitateurs politique pour les Pharisiens (juifs de l ‘époque) prophète pour les musulmans, philosophe légendaire pour les athées, qui a introduit cette valeur dans la genèse de nos civilisations. Pour nous, occidentaux, est juste ce qui est égalitaire, notion fondée sur nos valeurs morales.
On conçoit que lorsqu’un individu doit juger, estimer, évaluer, ou se positionner par rapport à un événement c’est l’ensemble de ces notions qui est mis en jeu. Or, elles n’ont pas toutes la même origine les mêmes fondements ce qui peut conduire à des hiatus de la pensée, des incohérences ,ou même des contradiction. .Droit, civisme, Justice , légalité s’opposent à Morale, égalité, légitimité, éthique. On a un conflit permanent entre valeurs sociétales et personnelles. Entre la société et l’individu qui en est citoyen.
Prenons quelques exemples :
L’optimisation fiscale : Elle est parfaitement légale et en conformité avec le droit, consensus démocratique (en principe). Par contre elle utilise des « artifices » pour contourner les lois qui lui donnent un caractère malsain vis à vis de la légalité et franchement délétère vis à cis de notre morale égalitaire. Une prise de position est mal aisée car elle nécessite un choix « Cornélien » entre son respect pour les lois et son respect pour les valeurs individuelles.
La désobéissance civile : Elle consiste, au nom d’une légitimité « autoproclamée » à désobéir aux lois en vigueur. C’est un conflit entre devoir citoyen et droits individuels, et entre décisions collectives à la majorité et droit légitime des minorités.
Les croyances religieuses : Les lois divines, issues des croyances religieuses s’opposent souvent aux lois des hommes (sauf dans les états religieux). Doit-on se soumettre aux injonctions des législations que l’on a démocratiquement promulguées ou à celle des églises considérées comme représentants du dieu que l’on a choisi ? Encore un combat entre devoir citoyen et libertés individuelles.
Conclusion
L’objet de ce « post » est de montrer comment la construction de notre conscience et de nos valeurs, issues d’expériences diverses, de rencontres fortuites, d’injonctions multiples apparemment sans liens entre elles, peut conduire à des paradoxes de pensée, des prises de positions impossibles, et donc, par défaut de positionnement à des troubles psychiques. Bouddha prônait que ces paradoxes étaient normaux, inévitables, et dus à notre système de représentations imparfait. Le paradoxe est la simple conséquence de notre système de représentations mentales, le reflet de ses imperfections … faut vivre avec !
P.S. Une représentation n’est qu’une image symbolique d’une réalité , sans doute, inaccessible. Un mot n’est pas un concept mais son symbole, La théorie de la relativité est une représentation de la mécanique de l’univers mais elle n’est pas la mécanique de l’univers. Votre photo est une représentation de vous mais elle n’est pas vous !
