« Pour faire un homme, mon dieu que c’est long ».
C’est le long chemin, du cycle de la vie qui traduit à la fois la prise d’autonomie, la formation de la conscience et la création de l’identité d’un individu.
Quand le nourrisson vient au monde sa conscience, en tout cas sur le plan cognitif et quasiment vierge. Le bébé est à la fois tout parce qu’il est sans limités et en fusion absolue avec son environnement et rien puisqu’il n’existe pas en tant que tel.
Le nourrisson.
Le premier pas dans la prise d’autonomie et la prise de conscience de soi, de pouvoir, sinon se définir du moins se ressentir comme un tout. Il faut pour ce bébé rassembler les morceaux de lui même ,disséminés dans le tout dans lequel il se disperse, pour en faire un ensemble organisé qui sera son corps. C’est une phase importante de coordination ou le bébé ne sera plus fait d’éléments émiettés dans le monde, mais d’un ensemble en fusion avec son univers. Ll saura relier entre eux sa main, sa jambe, son torse … C’est une phase fondamentale et on peut émettre l’hypothèse que certains autismes pourraient trouver leur origine dans ce déficit de cohérence interne. (d’ou le sens du détail au détriment du sens du tout)
Le bébé.
Un fois se corps rassemblé le bébé se retrouve comme une entité identifiée en fusion avec un tout. C’et une position narcissique par excellence puisque cela le place au contre d’un monde ou plutôt au centre se son monde. Le bébé est 100% narcissique. Bien sûr il peut identifier ses parents (c’est un petit début de différentiation)
Mais il les considère comme un simple prolongement de lui-même. IL dépend totalement d’eux mais ils les voit plutôt comme dépendant de lui et répondant à chacune de ses injonctions. C’est un véritable paradoxe, l’esclave qui se croit le maitre !
Le petit enfant.
A partir de 3 ou 4 ans l’enfant va commencer à développer sérieusement sa conscience cognitive. Jusque là il a vécu sur un mode purement affectif sans capacité d’analyse. Le narcissique va découvrir l’empathie. Pour cela il est nécessaire de donner aux autres une existence, une réalité propre. C’est en découvrant que les autres ne sont pas lui qu’il va découvrir que ,lui non plus, n’est pas eux. Cette prise de distance, cette différentiation va lui permettre de développer son esprit critique, sa capacité d’évaluation, de jugement et surtout définir son positionnement par rapport aux choses, aux événements, aux autres. Il commence à forger son identité. C’est bien sûr une « blessure narcissique » profonde que, grâce aux valeurs morales que lui fournirons ses parents, sa fratrie, ses maitres qu’il transformera sa blessure en empathie. C’est cette « apprentissage des autres » qui permet de mettre en veille son narcissisme et de développer une relation saine et respectueuse des autres. Faute de cet apprentissage l’individu se confinera dans sa position narcissique immature . Trump, Poutine ne sont pas, positivement des narcissiques, mais des gamins (des sales gamins) qui n’ont pas conscience de la réalité des autres et se vautrent dans leur narcissisme infantile. Ils souffrent d’un déficit d’empathie.
L’âge de raison .
C’est un vieil axiome qui fixait le début de la raison vers 7 ans et celui de l’âge adulte à 20 ans. Disons qu’il s’agit plutôt du passage de la petite enfance à l’adolescence. Ce n’est pas à proprement parler un stade mais la continuation d’une évolution déjà entamée. C’est l’âge de l’école et surtout des influences extérieures à la famille et aux proches. Au fur et à mesure que l’enfant découvre le monde, il prend conscience de sa différence, de son identité, il prend sa part d’autonomie. Il commence à s’opposer aux autres, non pas comme avant parce qu’ils pouvaient contrarier son égotisme, mais pour leur différence, leur vie en dehors de lui, pour leur autonomie propre … qui pourtant sont le fondement de sa propre autonomie ! L’enfance est pleine de paradoxes.
L’adolescence.
Encore une période dites charnière … dans la vie et son évolution chaque jours est un jour charnière ou l’on peut dire que rien ne sera plus comme avant. Non, il n’y a pas de stades dans l’évolution et cette notion n’a été avancée que parce que notre pensée ne sait pas décrire le continuum. On ne peut rien définir que relativement à quelque chose d’autre et la continuité, le gradient, ne le permettent pas.
L’adolescent continue sa prise d’autonomie. Il découvre, par exemple, que ses parents ont une vie en dehors de lui. Enfant il ne les voyait que au travers de la relation qu’il avait avec eux. Découvrant qu’il a une vie en dehors d’eux il prend conscience qu’ils ont une vie en dehors de lui. Encore une terrible « blessure narcissique » largement compensée par l’appel de la liberté (espérée mais en fait supposée , il le découvrira plus tard), le vent d’indépendance. L’attirance sexuelle, l’appétence envers les autres le font construire son univers en dehors des attaches (on pourrait dire ses liens) de son enfance. L’adolescent vit en bande pour reconstruire une forme de cocon perdu
C’est une période difficile ou l’ado prend ses responsabilités d’adulte sans avoir totalement rompu sa dépendance familiale. Il a les clés de l’enfance pour ouvrir la porte du monde des adultes …ça coince. C’est la période de la rebellions vis à vis de sa famille qui reste quand même la position de repli régressif en cas de coup dur … c’est dur pour l’ado, mais croyez-moi c’est pas facile pour les parents qui servent de « punchingball» dont on sait que l’on peut taper dessus mais qu’il ne vous feras pas de mal. Sans l’affection réciproque, sans la confiance réciproque la situation peut virer au clash !
C’est aussi l’époque ou l’on veut refaire le monde, non pas s‘y adapter,, s‘y intégrer, mais le rebâtir à l’image de son univers narcissique infantile. Une forme de tentative de régression. Pour Trump et Poutine c’est la période de la débâcle narcissique, le monde n’est pas celui que l’on attend ceci amplifie le mal d’empathie, les autres deviennent un obstacle à la toute-puissance qu’il faut dominer pour l’abattre selon Trump ou le punir selon Poutine … un début de paranoïa pour nos deux hommes-enfants.
L’âge adulte.
Encore une période qui dure …60 ans ou plus ! Progressivement l’individu construit son identité, se différentie des autres et devient plus autonome. L’image de la toute-puissance possible s’efface. On se voit comme on voit les autres avec un certain réalisme, même si on est toujours plus sévère avec les autres qu’avec soi-même … le narcissisme reste latent !
Progressivement le romantisme fait place au pragmatisme, l’identité se fabrique et se fige. Comme elle se construit sur elle-même , qu’elle se nourrit des nouvelles expériences (qui deviennent de plus en plus rare) passées au filtre des anciennes, elle ne peut que se scléroser. Ce n’est pas en vieillissant que l’on va changer … bien au contraire !
Conclusion.
Au cours de sa vie l’humain construit son identité. Elle est quasiment vierge à la naissance pour s’enrichir des expériences de la vie. Chaque nouvelle situation est analysée et intégrée à la conscience en relation avec les expériences précédentes, avec les acquis. D’abord presque au niveau d’une plante dotée de la conscience organique qui lui permet de respirer, de mettre en route la circulation sanguine, les réflexes alimentaires le nourrisson qui sort d’une relation plus que fusionnelle « in utero » va progressivement prendre conscience de son corps comme une entité globale, puis par ses apprentissages et expériences développer sa différence, son identité. Plus celle-ci se renforce et plus l’enfant prendra son autonomie., fabriquera son identité. C’est un chemin long et difficile pour enfin devenir ‘soi-même »
