Débattre avec un radicalisé,  Pas une sinécure !

Je ne sais pas si vous avez fait cette expérience, mais j’ai tenté des débats avec des complotistes antivax, des radicalisés d’extrême droite ou gauche, des racistes  etc. etc. J’avais pour espoir, sinon de les convaincre, du moins d’essayer d’assouplir un peu leurs positions. Ca a été à chaque fois un échec total au point que je me suis demandé si ce n’était pas moi le plus radicalisé. Mais comme tout échec est une bonne leçon,  j’ai pu comprendre pourquoi débattre avec un radicalisé est pratiquement mission impossible.

Pour cela il faut d’abord comprendre le mécanisme central de la radicalisation

La radicalisation

  1. Supposons que quelque chose vous déplaise, vous gêne, vous paralyse, dans votre environnement.
  2. Trouvez un « bouc émissaire » susceptible d’endosser la responsabilité de cet état des choses. On en trouve facilement : les arabes, les Juifs, la gauche, la droite, les migrants, les banques, les LGBT …
  3. Trouvez dans la cible choisie quelques éléments déviants qui pourraient justifier, de prés ou de loin, la nuisance que vous ressentez.
  4. Affublez à l’ensemble de la cible ce comportement déviant et nuisible qui par l’effet de masse devient, alors, carrément un danger … vous êtes près du but
  5. Posez cette règle comportementale en « ukase » et vous avez atteint  le top de la radicalisation.
  6. Cette règle établie et adoptée toutes vos actions contre la cible seront parfaitement justifiées. Mépris, injures, ostracisassions, coups, spoliations , tout est bon puisque, par principe, la cible est un grand danger

La pensée érigée en dogme

Voilà comment tout débat avec un radicalisé tourne court. Essayez de convaincre un antisémite qu’agresser des Juifs ce n’est pas correct. Il ne peut l’admettre puisque dans son esprit il ne fait que combattre une vermine nuisible. Quand à essayer de lui faire comprendre que son analyse de base, son dogme antisémite est erroné, c’est quasi mission impossible. Toute sa pensée est organisée, construite, autour de ce poncif et c’est tout le sens de sa vie que vous voulez remettre en cause. Ce type de dé-radicalisation pourrai prendre des années de travail, encore faut-il que le sujet veuille bien s’y soumettre.

L’évitement

L’autre difficulté vient de ce que j’appelle « la methôde de l’évitement ». lorsque un radicalisé vous tient un des ses propos insensé, si vous contre argumentez avec un propos sensé et indéniable, il ne cherchera pas à démonter votre argumentaire mais attaquera sous un autre angle. Exemple d’un débat, vécu, avec un antivax.

Lui : Il n’y a pas d’épidémie de Covid, c’est un mensonge

Moi : ce serai un complot qui concernerai des centaines de millions de personnes dans le monde (soignants, labo d’analyse, journalistes, pharmaciens, hommes politiques) tous d’accord pour propager ce mensonge

Lui : de toutes façons pas question que je me fasse injecter un vaccin atténué

Moi : Aucun des vaccins sur le marché n’est un virus atténué, on a un vaccin à base de virus de singe modifié ou alors d’ARN  messager

Lui : J’ai été à l’hôpital et je n’ai vu aucun malade du Covid

Moi : Oui, parce que les hôpitaux ont pris la décision d’isoler dans des parties bien séparées les malades du Covid

Lui : … etc. etc. tout y passe, le professeur Raoult et l’hydroxy-chloroquine, la modification de notre génome par l’ARN …

Ceci montre que, même radicalisé, l’individu conserve un sens de la raison qui l’empêche de combattre notre argumentaire. Mais chez lui l’affect prend le pas sur la raison, il vit dans le domaine de la croyance. Tentez de persuader un croyant que dieu n’existe pas !

Le refus d’assumer

Dernier point, et non des moindres. Si vous avez le malheur de dire à un de ces extrémistes qu’il est  radicalisé, attention il va vous sauter à la gorge. Aucun ne s’assume comme tel. Cela fait partie de leur construction mentale … ils ne sont pas radicaux mais simplement justes ! Ils n’existent pas en tant qu’antisémites, raciste ou autres,  mais en termes de défenseurs de la nation contre le danger qui la menace, ils ne sont jamais d’extrême droite mais combattent le laxisme de la gauche, ils ne sont pas racistes mais luttent contre le « grand remplacement »

La conclusion précède le débat

Débattre avec un radicalisé c’est comme vivre un procès Stalinien. On commence par énoncer la sentence, la condamnation et ensuite on ouvre le procès pour la justifier. Un radicalisé pose, comme principe, les Juifs sont comme si, le arabes comme ça, les extrême ainsi, …  mais ouvrons ce débat déjà clos !

Conclusion

Débattre avec un radicalisé s’avère quasi impossible, a moins d’adopter une position encore plus radicale que la sienne. Il n’y a que deux options se soumettre ou dominer. La radicalité a cet effet délétère qu’elle devient contagieuse et nous pousse à nous radicaliser nous-même, au confli.t et au rapport de force.

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