Vivons-nous dans un monde quantique ?

Oui, notre vision  du monde est quantique car elle repose sur une incertitude fondamentale : « dieu existe-t-il ? »

Lorsque nous nous posons une question chaque réponse nous apporte une nouvelle question. Prenons l’exemple d’un enfant qui interroge son père

– Dis papa pourquoi : « … Blablabla ?

– « parce que … blobloblo !’»

– « oui mais pourquoi … blobloblo ? »

– « parce que … bliblibli ! »

… Si on pousse l’introspection pus loin on arrive enfin toujours à la question fondamentale : « Dieu existe-t-il ? »

C’est bien sur la question basique dont découlent toutes les  autres, mais qi n’a malheureusement aucune réponse.  En effet argumenter sur l’existence d’une entité transcendantale avec des arguments humains n’a aucun sens. Nous vivons donc sur une totale incertitude. Ceci n’est pas sans rappeler l’incertitude théorisée par Heisenberg dans la mécanique quantique et illustrée par la célèbre expérience de pensée de Schrödinger.

Pour ceux qui n’ont pas connaissance de l’expérience du « chat se Schrödinger » un petit rappel :

Dans une boite opaque on enferme un chat avec une coupelle de poison. Si le chat boit le poison il meurt instantanément, sinon il reste vivant. On ne sait pas ce qui se passe dans la boite et le statut du chat « mort ou vivant » est incertain. Si on ouvre la boite on trouve le chat mort ou bien vivant ce qui lui attribue un statut. Le chat change donc de statut à l’ouverture de la boite, il passe de ‘incertain mort’ ou vivant  au statut de « certain mort » ou  « certain vivant ». L’ouverture de la boite modifie l’état du chat d’incertain à certain. Cette incertitude attribuée à un électron est l’un des piliers de la mécanique quantique (avec la nature corpusculaire et ondulatoire de la lumière)

Nous vivons le même dilemme avec la notion de dieu et tout notre système de pensée, de vision du monde, repose sur cette incertitude. Si dieu existe cela entraine une certaine vision de la morale, de la notion de liberté, du déterminisme. Si dieu n’existe pas, ces notions fondamentales sont différentes. En général nous choisissons « d’ouvrir la boite »  et de nous tourner vers une certitude : « dieu existe » ou « dieu n’existe pas »

L’humain a un besoin viscéral de certitudes, de repères, de positionnement !

Pour les religions dieu existe. La morale est dictée par lui de même que les limites de la liberté et de notre déterminisme. L’option dieu n’existe pas est, elle, refusé

Pour les athées, dieu n’existe pas, la morale est une constructino des hommes, la liberté la condition humaine et le déterminsme est nié. L’option dieu existe est, elle, rejetée.

Il s’agit là de véritables mensonges car si les religieux peuvent penser que dieu existe ils n’ont pas  le droit de prétendre qu’il n’existe pas. De même ceux qui pensent que dieu n’existe pas n’ont aucun droit à nier qu’il existe.

Nous voilà donc avec deux conceptions de la vie radicalement différentes, mais dans une totale impossibilité d’en choisir une … que faire ?

Malhonnête pour malhonnête, je m’en sort personnellement par une pirouette intellectuelle … il faut parfois  tricher avec la vie. Après tout, cela n’est jamais qu’un système de représentation des choses dont la réalité nous échappe.

Nous savons gérer le « Dieu oui ou non » mais pas le « Dieu oui et non »

J’ai choisi de faire un choix arbitraire et de décider : « Dieu n’existe pas » et de construire ma vision de monde sur cet oukase. Mais cette option, chez moi, n’est pas un dogme mais une simple hypothèse, et ma vision du monde une théorie plus qu’une description. Peut-être dieu existe-t-il et le cas échéant pourquoi ne pas en tenir compte.

C’est une façon baisée de gérer l’incertitude sans tomber dans la certitude. En effet la certitude est la plaie des société. Cette attitude de penser : « j’ai raison donc tu as tort » est le ressort de la plus part des conflits

Conclusion

Notre vision est relativiste puisque tout question fait appel à une autre notion déjà définie. De relation en relation on arrive toujours « in fine » à cette question sans réponse possible : « dieu existe-t-il ? » donc quantique.  Nous la résolvons au plus mal en choisissant comme réponse « oui » ou « non »

. Cette position « radicaliste » est inévitablement source de conflit,

Ceux qui répondent « oui » se querellent sur qui est le vrai dieu … il est vrai qu’entre Amon  Ra, Zeus, Jésus, Allah, les dieux aztèques, incas, Mayas, Africains, Khmers, Rama, Bouddha et les autres morts ou vivants le choix est vaste

Ceux qui répondent « non » se querellent à propos d’idéologies, des conceptions économiques ou sociologiques, et ce n’est guère plus brillant.

En théorie quantique les savants (dont Einstein lui-même) eurent beaucoup  de mal à accepter le principe d’incertitude. Nous ne sommes guère mieux et nous  refusons le sentiment d’incertitude et baignons dans un océan de questions sans réponse : « dieu existe-t-il? quoi après la mort? Qui suis-je? ou vais-je? » 

. Nous devons, nous aussi faire notre révolution quantique et cesser de nous torturer. Une question sans réponse n’est jamais une bonnne question !

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