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Le concept du bien et du mal

C’est une notion dont les philosophes se sont largement emparés. Coluche disait des technocrates : «  C’est des mecs qui quand tu leur poses une question, après qu’ils t’aient répondu tu sais même plus la question que t’as posé ! ». Pour les philosophes c’est un peu la même chose. Alors essayons d’être simple.

Dans la nature originelle cette notion n’existe pas. La lion mange l’antilope, ce n’est ni mal ni bien, c’est une simple nécessitée. Dans la nature seule la nécessitée fait loi. Nécessité de survivre et de se reproduire sans lesquelles l’espèce ne peut exister. Toutes les espèces vivantes sont donc liées à cette loi.

Ceci correspond à la nature définie sans les humains. Voyons l’influence qu’ils peuvent avoir sur les lois naturelles.

Imaginons un homme seul sur une ile déserte, peut-il avoir la notion de bien et de mal. Sans doute cette notion ne pourrait exister car il faut bien un juge extérieur pour juger l’action. Hors l’homme est seul et son jugement personnel n’aurait aucun sens. Il est comme les animaux soumis aux lois de la nécessité. Un homme seul n’est pas soumis aux valeurs morales. Il ne peut être qualifié d’égoïste, d’ambitieux, orgueilleux.

Rajoutons maintenant un autre individu sur cette ile. Les voilà contraint à une coopération. Qui va s’installer à tel endroit, qui à accès à certaines ressources. Il vont devoir négocier quelques règles de « vivre ensemble ». Maintenant celui qui enfreint les règles fait « mal » et celui qui les respectes fait « bien ». La notion du bien et du mal apparaît à partir du moment ou il y a relation entre au moins deux humains.

Quand les humains sont plus nombreux se forment des clans, des tribus, des provinces, des nations qui chacune vont développer leurs règles de « vivre ensemble », donc leur notion du bien et du mal, leurs valeurs et leurs morales.

Ces notions sont définies par un consensus entre les membres concernés de la communauté en fonction des circonstances, de l’environnement, de la période. Selon les groupes sociétaux ces valeurs pourront être différentes, voire antagonistes.

C’est une des différences fondamentales entre les humains et les animaux. Les animaux ne développent pas de morale. En ce qui concerne les animaux domestique (donc dressés) la notion de bien et de mal est remplacée par la notion de récompense et punition qui n’est pas une réflexion morale mais une simple analyse des conséquences d’un comportement. Chez certains animaux on peut observer une amorce de morale, notamment sur ceux qui vivent en groupe. Les males dominant qui ont seul le droit de s’accoupler avec les femelles, des individus qui ont des fonctions bien définies (abeilles, fourmis, lions), ce qui défini une amorce d’organisation sociale, donc de morale. Bien sûr cela est sans commune mesure avec les organisations humaines qui croulent sous les règlementations (code pénal, code civil, code des impôts, code du travail, code de la sécurité sociale, code des assurances, règlements intérieurs, règles du jeu …)

La notion de bien et de mal est donc bien un concept inventé par les humains pour régir la vie en collectivité.

Mais le problème est plus complexe avec les religion qui prônent une morale énoncée par leur dieu et qui peut parfois être contraire à la loi. En principe la loi de dieu qui conditionne le bonheur dans la vie éternelle devrait s’imposer devant la loi des hommes qui ne garanti que la tranquillité pour les quelques années de vie. Dans les régime religieux c’est la loi de dieu qui s’implose (mais une seule religion est tolérée) dans les états laïques c’est la loi des hommes qui s’impose et défini le bien et le mal.

Pour encore compliquer les choses s’ajoute pour chacun une morale personnelle fruit de son éducation, de ses expériences, de ses fréquentations. Celle ci n’a officiellement aucune priorité sur a loi des hommes ou sur le loi de dieu mais elle, ne manque pas d’influer sur nos positionnements, nos jugements, et nos comportements. Elle nous met souvent en contradiction avec les lois en vigueurs. On pourrait citer mille exemples ou la légalité nous paraît totalement immorale (l’évasion fiscale, l’accaparement des richesses par un petit nombre, les agissement des régimes dictatoriaux, les délits impunis …)

En conclusion, le concept de bien et de mal recouvre une notion très relative qui dépend énormément de la structure des société, de leur culture, de leurs environnement, des religions dominantes. Ce qui est le mal pour les uns peut être le bien pour les autres. Les terroristes de Daech font le bien en éliminant les mécréants pervertis, bien sûr pour nous ils sont le mal absolu. C’est une distinction fondamentale entre animaux et humains. Les premier ont des émotions dont ils peuvent évaluer les conséquences bénéfiques ou délétères, les humains ont des sentiments, c’est à dire la confrontation entre leurs émotions et leur culture, entre leur présent et leur passé, entre leur ressenti et sa sociabilité.

Alors comment définir le bien et le mal. Ce n’est pas possible car le bien et le mal n’existent pas, ce n’est ni un fait, ni une réalité mais un simple construction intellectuelle ; individuelle, dépendante pour chacun de ses croyances, de celles de sa communauté, de son environnement, des circonstances, et surtout de ses intérêts personnels. Tout au plus peut-on en faire un concept général aux infinies définitions.

Cet article est-il bien ou mal ? pour moi il est plutôt bien, pour vous il sera peut-être mal, et pourtant il sera le même. Un jugement sur un fait, ne change pas le fait. Il définit simplement la position de chacun par rapport à lui.

Le bien et le mal ne sont pas un fait de la nature. C’est une notion dont les animaux sont dépourvus et dont, d’ailleurs, ils n’ont pas besoin pour vivre. Bien au contraire cela nuirait à leur capacité de survie. Seuls les humains dotés d’une capacité cognitive développée ont été capable d’inventer ce concept qui pour eux vital. C’est une notion éminemment volatile.

Élever des animaux pour s’en nourrir était le must (Labourage et pâturage sont les deux mamelles de la France : Sully 1638) aujourd’hui manger des animaux devient presque un crime

Ils voient le mal partout

On observe, de façon générale, qu’on  a tendance à noter davantage ce qui nous déplait que ce qui nous plais. Bien sûr ce comportement discriminatoire mérite que l’on s’y intéresse. On est toujours plus attiré, interpellé, parce ce qui nous choque au point de passer sous silence ce qui nous paraît bénéfique, et c’est ce comportement paradoxal que nous allons visiter ici.

On remarque d ‘avantage le train qui arrive en retard que les trains qui arrivent à l’heure

Dans l’information, pour captiver l’attention des lecteurs ou téléspectateurs, les journalistes nous déballent toutes les catastrophes en cours au point qu’un observateur extérieur à notre monde qui regarderait nos informations auraient l’impression que nous vivons dans un monde de fou ou rien ne fonctionne ou tout va mal. C’est heureusement une fausse vision de notre réalité, sans quoi notre vie serait tout simplement un enfer !

Dans un film, dans un livre, rien n’est jamais banal. Les personnages sont toujours en crise, les situations extrêmes, les dénouements spectaculaire. C’est la condition pour intéresser lecteurs et spectateurs.

Dans notre environnement personnel on a tendance, chez les autres, à plutôt voir leurs défauts que leurs qualités. Cette attitude nous projette dans des comportements intolérants, crée des conflits que l’on pourrait éviter et nous prive de relations qui pourraient nous être profitable. C’est une des composantes principale dans les conflits conjugaux.

La psychologie relativiste (qui étudie les individus dans leur relation aux autres) peut nous éclairer sur  cette attitude pénalisante ?

Reprenons le mécanisme, maintes fois décrit, de l’intégration du vécu d’un événement dans notre conscience (donc dans notre histoire, dans la construction de notre identité).

Le message reçu dans notre conscience émotionnel tente de se formaliser dans notre conscience cognitive pour s’inscrire dans notre mémoire. Il est soumis à une analyse critique par les éléments de cette conscience cognitive pour définir l’attitude que nous allons adopter vis à vis de lui et donc son positionnement dans notre vécu. Si cet événement est en phase avec notre vécu historique il se formalisera facilement est créera sans difficulté les liens logiques qui lui assureront un place dans notre conscience. Il s’intégrera « en douceur » et sans heurt dans notre mémoire. Si au contraire cet événement se montre en déphasage ou carrément en opposition avec notre vécu historique, il ne pourra s’intégrer  à notre histoire sans bousculer notre équilibre. Il développera dans notre conscience des liens logiques de rejet et ne s’intégrera à notre vécu qu’en créant un point de conflit interne. Tout conflit interne étant vécu comme un traumatisme, le vécu de cette intégration sera ressenti comme douloureux et perturbant.

Pour résumer, tout ce qui est perçu comme plutôt gratifiant s’intégrera tout naturellement dans notre conscience, sans même que l’on s’en rende compte, alors que ce qui nous bouscule sera vécu, dans son intégration, comme un traumatisme et donc fortement ressenti.

Nous réagissons fortement à ce qui nous perturbe alors que nous percevons à peine ce qui nous conforte dans nos idées.