L’utopie est un terme inventé par Thomas More en 1516. Il signifie : Idéal, vue politique ou sociale qui ne tient pas compte de la réalité.
On dit le Français râleur, en fait c’est un utopiste déçu par la réalité et qui exprime cette déception en râlant. Bien sûr nous ne sommes pas les seuls à croire en des mirages, mais en France cette tendance est la plus forte. Dans notre pays, issu de la culture chrétienne, la vision utopique à tendance à prendre le pas sur le réalisme. En Asie, en Chine par exemple, la culture Confucéenne à généré une pensée beaucoup plus pragmatique.
Religions
Elles sont l’archétype de la pensée utopique. Toutes sont construites sur le même schéma : Un être suprême, transcendantal, totalement indéfini, paré de tous les pouvoirs et les qualités que les humains rêveraient de posséder, et qui promet « une vie éternelle de bonheur » sous réserve de respecter certaines obligations. Cette vie éternelle est évidemment une utopie dont personne ne connaît la nature, la teneur, les conditions d’existence, mais dont chacun fantasme sa vision personnelle. Nul ne sait si tout cela est sérieux mais on y croit car on a envie ou besoin d’y croire. Cette utopie est particulièrement résiliente car elle promet le bonheur après la mort ce qui est à ce jour invérifiable donc non réfutable.
NB soulignons que ceci traduit que dans l’imaginaire des humains le bonheur n’est pas acquis mais s’obtient par des sacrifices.
L’idéologie
L’idéologie est une forme de religion dans laquelle l’être transcendantal est remplacé par une institutions plus ou moins formelle qui promet bien être et bonheur, mais cette fois-ci dans la vie terrestre. C’est la faiblesse des idéologies, par rapport aux religions, c’est que leur promesses peuvent être vérifiées et démontés. Les idéologies ont une durée de vie limitée au délai de prise de conscience de leur vanité (on peut parler des idéologies Nazi, ou communiste qui n’ont pas survécus à leurs conséquences)
Egalite
Encore un mot magique pour les Français, surtout pour les plus démunis. Chacun rêve d’être l’égal des autres, et surtout de ceux plus nantis que lui. On peut dire que le principe d’égalité a été apporté par Jésus Christ et véhiculé par la chrétienté. Pourtant, ou que l’on se tourne dans l’histoire on a jamais connu de société vraiment égalitaire. La France chrétienne a toujours affichée une forte inégalité qui subsiste encore de nos jours. Toutes les sociétés ont été structurées avec une classe dominante, généralement adossée au religieux, et une classe dominée. La grande opération communiste pour établir l’égalité entre les humains a virée au fiasco avec l’apparition d’une oligarchie dominante adossée au parti communiste.
L’égalité est une utopie car les humains ne la souhaitent pas. La seule façon pour eux de se définir, de prendre leur identité, est de se positionner par rapport aux autres. On comprend la tentation légitime de se sentir différent, et par là de se surcoter, de se définir comme supérieur ou parfois inférieur, mais jamais identique.
Liberté
Encore une des valeurs cardinales de la pensée Française. Nous rêvons tous de liberté, mais si on nous pose la question : « C’est quoi la liberté ? » on ne sait quoi répondre. Quelques bafouillage dans le genre : « C’est faire ce que l’on veut ! » une vague réponse pseudo Épicurienne, rien de construit
Pourtant la liberté a mille facettes.
Épicure : « Fait ce dont tu as envie … mais ne devient pas esclave de tes envies »
Épictète : « Tu peux avoir mon corps mais tu n’auras jamais mon esprit »
Les révolutionnaire de 1789 : « La liberté des uns s’arrête quand elle empiète sur la liberté des autres »
Auguste Comte : « La liberté viendra avec la révolution technologique »
Kierkegaard et Sartre : « L’esclavage est dans la soumission, donc la liberté est dans l’action »
Enfin Paul Valéry : « La liberté est une utopie mal définie, vers laquelle il faut tendre sans jamais l’atteindre »
La liberté n’existe pas car l’humain est soumis à « la condition humaine » Il est soumis à la mort, la maladie, à la détresse, le deuil, autant de malheur qu’il ne souhaite pas mais qu’il doit subir malgré lui. Quel qu’elle soit la liberté est toujours soumise à des conditions restrictives et à des compromis.
Fraternité
Le dernier fleuron sur nos monuments publics. Elle n’est pas une valeur à acquérir au contraire de la solidarité. La fraternité, dans notre imaginaire est automatique dans une fratrie ou des proches. C’est une vision idyllique car en fait de nombreuses fratries se déchirent et se haïssent. Parlons donc de la solidarité. C’est une valeur importante dans l’imaginaire Français . Pourtant elle est assez utopique car elle se manifeste surtout quand on en a le moins besoin. En période de « vaches grasses » la solidarité est à l’honneur. Par contre en période de « vaches maigres » la solidarité tourne vite au chacun pour soi. On a vu à Gaza les gens se déchirer pour un morceau de pain.
Divers
D’autres manifestations de cet attrait pour les utopies se retrouvent dans l’intérêt port é aux « super héros »,, pour l’idolâtrie des « stars » et autres puissants. On compte plus les films, les séries télévisées, des publicités mettant en scène des personnages aux super pouvoirs, aux capacités plus qu’humaine, aux héros incorruptibles, invincibles et indestructibles. Ce qui pourrait passer pour un enfant de dix ans en pleine identification, pose problème quand des millions d’adultes en font le miel de leur loisirs
Conclusion
La France est un pays ou l’immatériel l’emporte trop souvent sur le réalisme. Le clivage gauche-droite de notre opinion publique se double d’un autre clivage entre les utopistes et les pragmatiques.
On distingue une gauche idéaliste férue de valeurs comme l’égalité, la liberté ou la solidarité, représentée par une classe moyenne bien éduquée, un peu agée et une gauche réaliste qui parle de pouvoir d’achat, de justice sociale, représentée par les classes populaires.
A droite on a une « droite des valeurs » construite autour du conservatisme, des valeurs familiales et religieuses, représentée par la bourgeoise traditionnelle. Une « droite du business » attachée à l’efficacité, à la reconnaissance du mérite, au résultat plus qu’à la manière, représentée par la haute bourgeoisie et les « jeunes loups ».
Le Français a tendance à privilégier les valeurs morales, spirituelles au dépend des réalisations pratiques. Cela est surtout marqué chez les anciens, les jeunes mettant plus en avant le bien être immédiat et la réussite personnelle.
