Le sentiment religieux et les religions

On doit clairement séparer le sentiment religieux qui est un incontournable de la condition humaine et les religions qui  en sont l’incarnation dans les diverses sociétés humaines.

Le sentiment religieux.

L’homme de par sa nature est  limité et doit se  partage entre ses capacités et ses impossibilités. Dans l’univers humain que nous nous représentons, tout a des limites. Se pose alors l’inévitable question : « Qui a-t-il au-delà de ces limites ? rien, autre chose ? L’être humain est soumis aux aléas de la nature . Notamment il est mortel « Que devient cet être qui existe et qui soudain n’existera plus ? redevient-il simple matière organique ou minéral ou au contraire continue-t-il d’exister sous une forme indéterminée ? L’univers est-il fini ou infini ? S’il est fini c’est qu’il a des limites, mais qu’y a-t-il au-delà de ces limites ? S’il est infini ou sont ses limites inatteignables? Dépasser ses capacités naturelles, outre passer ses limites est le propre de l’être humain qui cherche perpétuellement à se sortir de sa condition humaine et a se soustraire aux contingences de la nature.
Malheureusement toutes limites dépassées se heurtent à de nouvelles limites. C’est une course sans fin, c’est la grandeur et la faiblesse de la connaissance. Alors l’humain s’est inventé un au-delà de ses limites, une transcendance … et c’est la naissance du sentiment religieux, , du  surhumain qui connait l’autre coté des limitations. Ce sentiment peut prendre diverses formes. Généralement on invente un dieu qui possède tous les pouvoirs que l’homme n’a pas, omnipotent, omniscient, éternel et sans limites.  Il est capable de les transmettre à l’humain … pour peu que ce dernier veuille bien se plier à ses volontés ( Ce qui est une version très humaine de la notion d’obéissance au puissants pour en tirer une récompense !). Pour les scientifiques rationnels et logiques c’est l’énergie qui est le « deus ex machina » qui régit les mouvements du monde.

Pour les athées c’est l’idéologie qui joue le rôle de sentiment  religieux. .Elle promet des jours heureux en échange d’une certaine soumission : « Travailles pour l’idéologie et elle t’apportera en retour bonheur et prospérité ». L’idéologie est une utopie comme tout sentiment religieux.

Nul n’échappe à ses limites et nul n’échappe au sentiment religieux. Moi-même, païen, hérétique, matérialiste et critique des religions je ne peux éviter le sentiment d’impuissance devant les questions métaphysiques, la notion de transcendance, le poursoi de l’univers, ou sa  finitude, et son éternité. Mais je crois que la pensée humaine ne peut apporter de réponse à des questions qui sont ‘une autre nature. Toute croyance permet de donner un sens profond  à sa vie … mais à partir d’un choix arbitraire et sans logique réelle . une sorte de condition nécessaire, mais certainement pas suffisante.

La naissance des religions

Les religions ont toujours pris naissance, primitivement, dans des civilisations obscurantistes ou la magie jouait le rôle d’explication aux phénomènes non compréhensibles pour les humains. Les fées, les démons, les feux-follets, l’occultisme tenait le rôle d’explication à l’inexplicable. L’Hindouisme et le Judaïsme sont apparu on ne sait quand, on ne sait comment, mais des millénaires avant notre ère. Les dieux Mésopotamiens, Égyptiens, gréco Romain, le christianisme sont nés au tout début de notre ère, l’Islam en l’an 600 , les divinités précolombiennes ou Khmers dans des sociétés ou les volcans, les océans, les séisme, les animaux, n’étaient que la manifestation de la volonté de dieu. En bref toutes ces religions sont fondées sur le fantastique et le magique. Qui imaginerai aujourd’hui la naissance d’un nouveau dieu ? un home  serait-il  crédible, débarquant sur terre en affirmant qu’il est le fils de dieu ou l’incarnation d’un volcan? c’est une chose de nos jours inenvisageable. Les religions se sont développées sur la crédulité des masses et leur désir, le besoin  de donner corps à leurs fantasmes.

L’organisation des religions

Elles sont toutes fondées sur un « texte sacré », écrit ou de tradition orale, décrivant la genèse de dieu, de la terre et des humains. Textes dont généralement nul ne connaît l’origine, toujours apocryphes décrivant l’indescriptible, avec force détails les ou les dieux, leurs environnements, leurs pouvoirs … et leurs recommandations aux êtres humains (Bible, Védas, Bhagavad Gita, Maha barata, évangiles, et même le coran, qui  aurait été soufflé à Mahomet par le prophète Gabriel mais écrit après la mort du prophète). Il s’agit toujours de traditions orales finalisés « in fine » par des textes qui deviennent consensus.. On pourrait les comparer à l’épopée de Gilgamesh, à l’Iliade ou l’Odyssée.

Bref des textes sacrés reconnus comme tel par les fidèles mais ne présentant aucune crédibilité historique, présentant toujours des thèses contradictoires les unes avec les autres … et des récits abracadabrantesques, du domaine du fantastique,  auxquels plus personne ne peut croire … même pas les fidèles, mais qui restent des croyances historiques incontournables et incritiquables. Elles se transmettent comme l’histoire de l’homme qui vu l’homme qui vu l’homme  , qui a vu l’ours …

La structure des religions

Dans la mesure ou les textes sacrés présentent un entité transcendantale qu’il est difficile de représenter avec les  outils de la pensée humaine, il nous est difficile, à nous pauvre humains, d’en avoir une conscience précise. Tout sentiment religieux doit obligatoirement  s’accompagner d’une incarnation dans le monde humain. Ce peut être les éléments naturels (volcans, pluie, soleil …) des incarnations vivantes (comme Abraham ou Salomon, Jésus, Mahomet, les avatars de l’Hindouisme, les dieux gréco romains, Pharaon …) ou encore des institutions (le parti, le califat …). Ils représentent la puissance divine à visage humain. Ils s’entourent généralement d’une oligarchie institutionnel plus ou moins structurée en institution. L’église, la prêtrise … qui généralement, par abus de délégation de pouvoir transforment leur ascendant divin en un pouvoir temporel sur les fidèles

Conclusion

Nul être humain ne peut éviter la recherche d’une transcendance à ses limites. Notre narcissisme originel nous y pousse. Chacun cherche son chat dans notre monde.

L’écueil des religions, des idéologies ou des théories scientifiques réside dans la tentative de monopoliser la vérité, de dogmatiser ce sentiment religieux pour en faire l’absolue vérité qui supplante toute autre croyance. Chacun peut se faire une idée, vrai ou fausse, plausible ou improbables de notre monde, mais en gardant raison et en admettant qu’une croyance quel qu’elle soit n’ a pas plus de valeur qu’une autre.

P.P. malheureusement une croyance est le fondement par lequel on construit toute la colonne vertébrale de notre pensée, de notre conscience, de notre identité, et la remettre en question est extrêmement difficile. Elle est une nécessité pour se définir, se sentir exister, donc exister.

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