Il y a dans la nature deux absolues nécessités qui sont la reproduction et la mort. En effet sans reproduction pas d’espèce possibles et sans la mort pas de vie possible (La planète serai submergée de milliard de milliard de fourmis, d’insectes, de mammifères, d’oiseaux , de poissons ou d’humains rendant la vie impossible)
Pourtant , paradoxalement, il existe en parallèle dans nos société deux faits majeurs : « Le tabou sexuel et le tabou de la mort ». Le déni de l’indispensable.
Parlons aujourd’hui de la mort en évitant tous les euphémismes du genre: « Il est disparu, il nous a quitté, il n’est plus parmi nous … » autant de périphrases pour ne pas prononcer le mot de mort !
Pour envisager ce qu’est la mort on doit se poser la question de ce qu’est l vie (puisque la mort n’est que la fin de la vie). La vie, je l’ai déjà postulé est l’évolution de la matière sous l’impact de l’énergie, représenté dans le modèle intellectuel du temps et de l’espace. Dans la mort la matière cesse de se transformer car l’énergie fait défaut … c’est la « panne sèche » et le moteur s’arrête de tourner. Ainsi vue la mort n’a rien de surnaturel ni de métaphysique. Simplement la matière qui s’arrête de d’évoluer, donc de vivre, qui devient matière organique , puis minérale. Rien de magique mais beaucoup d’inconnues.
Notre vie est une constante fuite en avant. Nous désirons ce que nous n’avons pas et négligeons notre acquis. Nous sommes tournés vers demain sans capitaliser sur hier. Devant la mort nous persévérons dans cette fuite en avant alors qu’il n’y aura pas d’après. Pour cela nous nous inventons des vies éternelles dont nous avons bien conscience qu’elle n’existerons pas. C’est bien le dilemme de la mort, le refus de voir sa réalité en fantasmant un au-delà auquel nous ne croyons même pas et que nous sommes incapable de formaliser. Ors vivre dans l’espoir d’un avenir que nous sommes incapable de nous représenter est le générateur d’angoisse par excellence. Nous sommes incapables de nous positionner dans un cadre indéfini et incertain … C‘est le mécanisme même de l’angoisse !
Pour la jeunesse il est normal d’attendre du futur la solution de ses problèmes, pour une personne âgée attendre quoi que ce soit du futur ne peut qu’être frustrant. Rien d’étonnant à ce que les anciens se retournent vers leur passé, c’est là qu’est leur richesse. Quand on se retourne vers son histoire on se rend compte combien la vie a été une aventure fantastique, combien on a vécu des moments passionnant, des expériences inoubliables … si on n’a pas d’avenir on a un passé, ce qui n’est pas le cas des plus jeunes.
Quand on est jeune on est fasciné par ce que l’on a pas c’est à dire le futur, avec le grand âge, oublions ce futur pur nous réjouir du passé.
Quand à la mort, elle est surtout dure avant, parce que après c’est plus cool … on n’existe plus, donc on n’a plus de problème. Par contre à l’approche de la fin, tout dépend de l’idée qu’on s’en fait de la mort et de l’idée que l’on se fait de la vie. Elle est, pour nous, une perpétuelle fuite en avant que l’on voudrai continuer dans la mort … et la ça ne fonctionne pas ! C’est pour cela que l’on a inventé la vie éternelle, remède miracle par excellence.
Malheureusement ce concept reste des plus vagues et nos religieux ne nous ont pas apportés de précisions concrètes. C’est très gênant car s’engager pour l’éternité sans savoir où l’on va, c’est très angoissant … l’éternité c’est très long !. Comment sera-t-on, avec ou sans corps matériel, avec ou sans conscience, quels rapport entre nous, vat-on vieillir, comment ne pas s’ennuyer durant une éternité … des milliards de questions sans réponse. Les religions nous vendent un produit sans mode d’emploi. Personnellement je n’achètes pas.
Je préfère penser que la vie s’arrête un jour, au bout d’un certain temps comme une « obsolescence programmée », et qu’après il n’y a rien … que le néant. Pas d’angoisse de la mort.
Épicure disait « la mort n’existe pas car tant que je suis vivant je ne suis pas mort et lorsque je ne serai plus vivant je ne serai plus donc je ne pourrai être mort »
Ce qui signifie que si la mort est bien la fin de la vie … elle n’est le commencement de rien.
Alors pas de tristesse, juste le plaisir d’avoir vécu un aventure passionnante … qu’on ne connaît qu’une fois dans sa vie.
… et s’il m’arrive de mourir un jour, j’aimerais, si on en parle, qu’on ne dise pas : « c’est triste de l’avoir perdu » mais plutôt : « c’est chouette de l’avoir connu »
