C’est quoi être athée ?

Traditionnellement on dit d’un  athée que c’est un homme … pardon un humain car il y a aussi des femmes, qui n’a pas de religion. C’est tout à fait vrai, mais en même temps cela ne définit en aucun cas l’athéisme car

On fait une confusion permanente entre le sentiment religieux et la religion

  1. Le sentiment religieux. Nous vivons tous, pauvres humains, avec nos limites. On meurt, on est malade, on ne vole pas, on  ne fait pas tout ce que l’on veut … on est limité dans le temps, l’espace, dans notre intégrité. Dans nos représentations humaines une limite est une frontière ou s’arrête une souveraineté. Le principe même de limite et de délimiter, ce qui implique que au-delà de la limite il se trouve un autre domaine qui n’est pas pour nous. Pour les humains la conscience de nos limite nous amène directement à nos questionner sur : « qui  a-t-il au-delà de nos limite ? » Bien sur la question est sans réponse car l’au-delà de l’humain nous est impossible d’accès. D’où la naissance du « sentiment religieux » qui pose la question de la transcendance …pour laquelle la seule réponse se trouve dans la transcendance … donc hors de notre entendement. L’Islam, religions de naissance plus récente à admis que la représentation du dieu, étant impossible, le mieux était de ne pas en donner une qui serait forcément mensongère … la religion a renchérit sur ce sage précepte en décrétant la représentation interdite et sacrilège.
  2. La religion. Les humain ne savent identifier, accepter un concept sans en donner une représentation. C’est la force et la faiblesse de notre conscience cognitive (Bouddha en avait fait l’origine de sa doctrine il y a déjà 2.600 ans). Il a donc bien fallut donner corps à ce dieu dont on ne sait rien et qui ne nous dit rien. C’est de là que naissent les religions. Elles sont une tentative de représentation de l’espace divin, transcendantal, dans un schéma compréhensif  pour les humains. On a donc eut pléthore d’imageries des dieux plus ou moins précises allant des dieux Égyptiens, du panthéon gréco romain, de la déesse à 6 bras, jusqu’au vieillard barbu tenant le globe terrestre assis sur un nuage. Ces représentations devenant de moins en moins crédibles avec l’évolution de la culture la majorité des religions se sont tournées vers des incarnations humaines des divinités. Pharaon, le panthéon grec, Jésus fils de dieu, les avatars de la trilogie hindouiste, le prophète Mahomet sont des incarnations à visage humain de la divinité.
    Puisqu’ainsi dieu devient humain il en prend les caractéristiques, il a des exigences morales (il définit le bien et le mal), il établit ses rapports avec les humains (la soumission avec promesse de récompense). Ce sont bien sûr les religieux qui traduisent dans des rites la pensée supposée  des dieux … dans des rituels et des obligations qui ne négligent pas les intérêts des « serviteurs de dieu ».

On doit donc différencier le sentiment religieux, faisant partie intégrante de la « condition humaine » et la religion qui est une institutionnalisation de ce  sentiment dans des groupes structurés autour  de multiples représentations de ce sentiment.

Conclusion

Si les athées peuvent être considérés comme des individus sans religions ils n’en sont pas moins religieux que les autres. Toute tentative de modélisation de la vie humaine se heurte au problème de nos limites … et génère inévitablement un sentiment religieux.

Personnellement, tout athée et rationaliste  que je sois je ne me sent pas moins religieux que le plus farouche des « calotins » ou de la plus acharnée des « grenouilles de bénitiers » Les religieux n’ont pas l’apanage de la religiosité, ils n’en sont que le dépositaire comme 7 milliards d’êtres humains . Le communiste qui a porté « le parti » au-dessus de toute valeurs humains, la doctrine de Confucius qui place l’état au-dessus du citoyen, la physique moderne qui remplace dieu par l’énergie sont des visions religieuses du monde.  Une différence importante à signaler est que, alors que les religions ou les idéologies  font de leurs dieux patronymique  des quasi réalités et un dogme,  certains athées en font une simple hypothèse critiquable, modifiable. Sur ce plan nous recherchons tous le même dieu, l’universel, celui qui peut être là, ou non, le « deus ex machina » qui gouverne tout, que nous ne trouverons jamais car il ne fait pas partie de notre monde. Il n’y a qu’un seul dieu, présent ou non, mythe ou réalité que les humains veulent décliner en une quasi infinité de religions gérant les intérêts de multiples petites communautés.

Être athée n’est pas n’avoir pas de dieu mais simplement lui donner une représentation différente. Ne confondons pas athées et matérialistes.  

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