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Le Front national s’avère aujourd’hui être le premier parti de France. Il devient donc très important d’étudier la psychologie de son électorat pour comprendre le pourquoi et le comment de son développement.Eliminons du débat les électeurs qui votent FN, non parce qu’ils adhèrent à ses valeurs mais parce que ils veulent sanctionner les autres partis. Ils ne font pas partie du panel qui nous intéresse. Penchons-nous donc sur ce qui fait le cœur de la doctrine du FN.

Les valeurs du FN sont essentiellement des valeurs défensives basées sur le manque de confiance, la peur de l’autre, qui entraine le besoin d’exclusion et le replis régressif sur soi.

Ce sont essentiellement, la peur de l’immigration, la peur de la perte d’identité, la peur du terrorisme, la peur de l’Europe, la peur de l’insécurité. Pas ou très peu de valeurs positives, essentiellement des valeurs de défense dirigées contre « l’autre ». On a l’impression que ces gens manquent cruellement de confiance en eux, qu’ils ont un sentiment d’infériorité, et se sentent incapables de faire face aux évolution de nos sociétés.

La peur de l’immigration et de la perte d’identité.

Les discours des militants du FN nous promettent un déferlement du monde musulman sur notre bonne terre de France et la perte de notre identité submergée par une culture islamiste rétrograde.

C’est bien sur ridicule. La majorité des migrants qui viennent en Europe sont fascinés par le mode de vie des Européens et fuient un pays d’origine dans lequel ils ne trouvent pas leur place. Ils ont donc, plutôt, un préjugé favorable vis-à-vis de notre culture, même s’ils sont plus conscients des droits qu’ils peuvent acquérir que des devoirs qui en résultent, même s’ils ont du mal à s’y adapter (ce en quoi notre attitude et celle des membres du Front National ne les aide guère !)

Rappelons, pour mémoire, que la France et les Français ne sont pas un peuple issu directement de ses origines Celto-gauloises, mais une nation issue de grandes invasions. L’Empire Romain nous a forgé notre langue dérivée du Latin, nous a apporté notre culture originale.

Plus tard, les invasions Barbares (Francs, Wisigoth, Ostrogoth) nous ont données notre nom, des provinces Françaises ont été liées à L’Angleterre, l’Espagne, L’Allemagne et ont fait de notre pays une mosaïque avec des gens, des traditions, et des langues aussi diverses que le Breton, l’Occitan, le Basque, l’Alsacien, voire le Corse !

Et pourtant, malgré ces différences, nous nous sommes rassemblés autour d’un projet commun, du respect de l’église et notre royauté, puis des valeurs de notre révolution, de nos combats contre des ennemis extérieurs, de nos luttes intestines au nom de diverses idéologies. Tout ceci a construit notre nation, en dépit et par-dessus, nos différences et nous a défini comme « Les Français »

Nous nous sommes forgé notre identité par l’immigration. Celle-ci n’efface jamais une culture, elle la modifie, l’enrichit, secoue parfois les consciences, mais ne peut faire disparaître une culture millénaire.

La peur de l’Europe

Elle est exactement de la même nature que la peur de l’immigration. La peur de perdre sa souveraineté nationale, c’est encore le manque de confiance dans les autres, la crainte d’être incapable de résister, de trouver sa place, le sentiment d’impuissance devant la compétition inter européenne. Cette absence de confiance et confortée par l’incapacité des dirigeants Européen (et de leurs peuples) à réaliser une union Européenne chargée de sens.

Les adeptes des thèses du Front National réclament une Europe des nations, dans laquelle chaque pays garde sa souveraineté. Paradoxalement, c’est exactement ce que nous vivons actuellement avec un parlement Européen en charge de la normalisation des boulons, la taille des bananes, … je force un peu le trait, et une commission Européenne issue de la dirigeance des pays membres incapable de prendre des décisions unitaires

La peur du terrorisme

Ici encore on navigue entre le réel et le fantasmé. S’il est vrai que le terrorisme représente un danger bien réel, essayons d’en relativiser la portée. Le terrorisme à fait, environ, 230 mort en France dans l’année 2016 (qui est une année ou le terrorisme a frappé très fort) les accidents de la route on fait plus de 3100 victimes, sans compter les blessés. On a donc plus de 13 fois plus de chance de mourir par la fait d’un chauffard (excès de vitesse, alcoolisme, téléphone au volant, conduite sous emprise de stupéfiants) que sous les balles d’un terroriste. Et pourtant personne n’a vraiment peur de prendre sa voiture pour circuler. Le tabac, lui, fait officiellement 60.000 mort par an et cela ne fait pas reculer les fumeurs. On pourrait multiplier les exemples pour s’apercevoir que parmi les morts idiotes celles dues au terrorisme sont assez marginales.

Cependant le terrorisme fait encore peur car nous sommes impuissants à le contrôler. Chaque chauffeur pense qu’il peut éviter les accidents de la route par une conduite sage et raisonnée (ce sont les autres les mauvais conducteurs qui font des erreurs).

C’est une peur fantasmée à partir d’un danger bien réel mais dont la probabilité de survenir est exagérée.  Un peu comme la peur panique des souris ou des araignées (animaux généralement inoffensifs) chez de nombreuses femmes.

L’insécurité

Le sentiment d’insécurité peut apparaître sous plusieurs aspects qui bousculent les électeurs du Front National.

Tout d’abord la peur des agressions urbaines, moins définitives mais plus fréquentes que les actes terroristes. Ce sentiment d’insécurité trouve son bouc émissaire idéal en la personne des migrants ou de l’étranger.

Sous-jacent à toutes ces peurs exprimées on trouve la réelle insécurité devant l’avenir dans un monde qui évolue en permanence, qu’au fond personne ne contrôle, que personne ne peut prévoir. On retrouve cette peur chez les électeurs les plus modestes, peur des valeurs qui changent, peur d’un avenir matériel incertain, peur du chômage. Ces craintes trouvent facilement leur bouc émissaire, et se cristallisent sur la peur de l’étranger qui bousculerai la société Française.

Conclusion

Derrière ces craintes exprimées on retrouve le sentiment d’impuissance à choisir son avenir, son destin. Les électeurs du Front National sont des individus qui ne se sentent pas en état de combattre, qui « jouent battus » et sont prêt à toutes les extrémités pour se sortir la tête de l’eau. Le Front National, pour garder leurs voix aux élections leur maintien habilement la tête sous l’eau. Il agite les menaces les plus extrêmes, invente des ennemis, les rassemble comme des moutons apeurés par les loups. Plus il les conforte dans leurs angoisses, plus il prend le pouvoir sur eux. La réside le grand danger. Il utilise, au fond, les mêmes armes que les terroristes, semer la peur pour récolter le pouvoir. Il prépare une armée prête à tout pour se libérer de ses angoisses.

Nos politiques en ostracisant ces individus, en essayant de les stigmatiser, de les marginaliser jouent le jeu des recruteurs du Front National, isoler les cibles de leurs racines pour mieux les contrôler. Mais trop occupés à se battre entre eux, ils n’ont pas su donner une image solide, un discours ferme et sécurisant, même s’il faut annoncer un avenir qui n’est pas tout rose.  On ne combat pas la peur par le chaos. Ce qui amène les électeurs à se tourner vers le Front National ce n’est pas le discours ou le programme de tel ou tel candidat, c’est plutôt l’image morcelée et incohérente des autres partis politique, les promesses utopiques et non tenues, l’incapacité viscérale à se réunir pour un projet commun, l’irresponsabilité des dirigeants.

Si on ne veut pas voir nos concitoyens filer vers l’extrémisme (qu’il soit d’extrême droite ou islamisme) Il faut leur proposer d’autres solutions crédibles, sécurisantes, moins dangereuses. Il faut leur redonner la confiance dans la capacité de la France et des Français à trouver sa place dans le concert des nations. C’est en montrant que l’on peut exister en utilisant des moyens raisonnables et raisonnés que l’on éloignera les citoyens des positions extrêmes. Malheureusement nous n’en prenons pas le chemin !


"Electeurs du Front national, ... cessez d'avoir peur !"   


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