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Tracking : Une aide à la gestion de la pandémie

C’est la nouvelle polémique du moment, le tracking des malades peut-il nous aider dans le processus de dé confinement. Nous allons l’envisager sous trois angles :

  1. Son incidence sur les libertés individuelles
  2. Sa « faisabilité »
  3. Son efficacité

Incidence sur les « libertés individuelles »

C’est une des angoisse du moment. En effet ce processus de tracking implique une identification des individus dans un fichier centralisé sur lequel seront, au minimum, inscrit un identifiant de la personne et son état viral ou sérologique ! Cette centralisation des données individuelles est contraire à nos habitudes et à la politique générale de la CNIL … et pourtant !

Il existe des dizaines de fichiers dans lesquels sont consignés nos données personnelles. Évidemment :

  1. les fichiers administratifs de l’état civil, de la police, de la CAF, de l’URSSAF, des ASSEDIC, listes électorales, recensement, Sécurité sociale, et maintenant le « dossier médical » (DUMP) pour ne citer que les plus courants dont on peut penser qu’ils présentent un certain niveau de sécurité
  2. Mais également de nombreux fichiers privé qui sont le fait de nos abonnements à des journaux ou magazines, nos adresses de livraisons, nos inscriptions sur internet à toutes sortes de blogs, de réseaux sociaux, de commandes par internet.
  3. Plus sournois sont les fichiers réunis par les grands opérateurs sur internet : Google, SFR, Bouygues, Free, Amazon, PayPal,  Facebook, Twitter, …. par exemple :

Google propose un service de tracking qui retrace tous vos déplacement sur plusieurs mois. J’ai testé mes déplacements des derniers mois (qui avaient été « trackés » à mon insu) , c’est prodigieux de précision. Jour par jour on retrace vos déplacements (avec votre portable allumé, ce qui  est général). Vous pouvez voir sur une carte vos trajets (à vol d’oiseau). Vous pouvez refuser de vous abonner mais vous ne pouvez pas empêcher Google de collecter vos données et de les stocker

Vous avez sans doute remarqué que pour peu que vous fassiez une recherche sur internet sur des trottinettes, un médicament, une machine à café ou autres dès le lendemain si vous ouvrez des pages internet elles seront assorties de publicité relative à votre recherche précédente. Google trace vos comportements pour vous adresser des publicités jugées pertinentes.

Orange a pu tracer les Parisiens ayant quittés Paris pour leur résidence secondaire grâce à l’historique de la géolocalisation de leur portable archivée dans leur fichiers

Non seulement ces sociétés stockent nos données personnelles mais elles les enrichissent de nos habitudes de consommation, nos habitudes culturels voire cultuelles et idéologiques

Pourquoi refuser à l’état Français ce que nous acceptons avec une passivité complice de toutes sortes d’opérateur privés. Nos données personnelles sont « publiques dans le privé »

La « faisabilité »

Comment mettre en place un tel fichier, comment l’alimenter et comment le tenir à jour sont les éléments qui lui donnent fiabilité et crédibilité.

  1. Création du fichier central. C’est sans doute la partie la plus facile car toutes ces données sont disponibles dans les divers fichiers à notre disposition.
  2. Comment alimenter ce fichier, c’est à dire y ajouter les données épidémiologiques de chaque citoyen. Cela suppose de tester une grande partie de la population sur le plan viral comme sur le plan sérologique, de valider les informations et de les inscrire au fichiers. Disons que tester sur le plan uniquement viral 30 millions de citoyens à raison de 100.000 test par jour (ce qui n’est pas rien !) prendrais 300 jours, soit dix mois. L’épidémie sera déjà  terminée ou nous serons tous avec un tube dans la gorge avant d’y arriver! A noter que si une personne est testée négative au virus un jour rien n’indique qu’elle ne sera pas contaminée le lendemain … il faudra la re tester jusqu’à ce qu’elle soit positive au virus ce qui peut ne jamais arriver. Quant aux tests sérologiques ils sont fondées sur l’hypothèse très vraisemblable mais pas certaine que le fait d’avoir développé la maladie assurerait une immunité au moins provisoire. La « faisabilité » de ce type d’opération est limitées.
  3. Bien sûr dans le cas de changement de statut d’un citoyen qui passerai de séronégatif à séropositif, ou ce qui est moins probable de guéri à malade, il faudrait très rapidement mettre à jour le fichier.

On voit que tout cela est bien compliqué et qu’un tracking intégral semble problématique  à mettre en place. Ceci ne veut pas dire qu’un certain tracking plus sélectif ne serai pas d’une aide importante, ni que des tests sélectif soient sans intérêt.

Efficacité

Parler d’efficacité quand on vient de dire que la mise en place d’un tel système pose problème ne sert pas à grand-chose. Ceci n’empêche pas de réfléchir à son efficacité pour le cas où, un jour, il deviendrait  envisageable. On a devant nous deux exemples

  1. La Corée du sud et Hongkong. Le principe des tests généralisés et du tracking  parait avoir donnés de bon résultat puisque l’épidémie à été enrayée. La politique a été appliquée très tôt, au tout début de l’épidémie, dans une configuration ou les cas étaient peu nombreux et le tracking simplifié. C’est peut-être la raison de son succès, à moins qu’il ne s’agisse d’une coïncidence.
  2. A Singapour le tracking a paru, dans un premier temps, juguler l’épidémie. Dans un deuxième temps, sans doute en raison de la nécessité économique de faire venir des travailleurs Malais frontaliers, l’épidémie est repartie. Ceci  semble indiquer que si un tracking mis en place au tout début de la crise sanitaire est un atout important il n’est sans doute pas suffisant et d’autres mesures doivent l’accompagner

Conclusion

Le « tracking », les tests peuvent être d’une grande utilité dans certaines conditions. En tout début, ou en toute fin d’épidémie Malheureusement en pic d’épidémie un confinement raisonné semble la seule arme qui nous reste.

Gardons bien d’écouter tous les Monsieur et Madame « Je sais tout ». Ils sont souvent aussi ignorants que critiques. La situation est difficile et personne ne peut avoir la solution à un problème dont l’énoncé varie tous les jours. Comme en toute chose la « certitude » est le pire de tous les vices, seul les imbéciles ont des certitudes.

PS : On se demande souvent pourquoi les Allemand ont mieux réussi face à la pandémie, pourquoi ils étaient mieux préparés ?

Je dirai que en 1939 les Allemands avaient déjà des chars et des avions et pas nous (ou si peu), que depuis la fin de la guerre les Allemands on reconstruit une économie supérieure à la nôtre. L’histoire se renouvelle.

Dans les pays du nord, la vision des événements est pragmatique, raisonnée, donc mature. Dans nos pays latins la vision en est affective, romantique, emotionnelle, donc immature.

En Allemagne les décisions importantes sont généralement acceptées, en France la moindre suggestion est critiquée, démolie, crée polémiques et divisions. Toute prise de position des gouvernants est contredites par les forces syndicales, les partis d’oppositions, les courants d’opinions, les idéologies. En ce moment nous sommes super équipés avec 66 millions de virologues et épidémiologistes en querelles permanentes. Dans une population immature rien n’avance, mais la fantaisie et l’imagination peuvent sauver bien des choses.

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