skip to Main Content
01 42 59 15 27 patrick@rouillier.com

Toute action humaine est dirigée vers un but, sous-tends une finalité, et pour cela elle doit mettre en œuvre des moyens. Il arrive fréquemment qu’une confusion se fasse et que, ce qui était le moyen se transforme en but, en objectif, le but initial devenant alors le moyen à mettre en œuvre.

butCeci est parfaitement illustré dans le drame romantique écrit par Alfred de Musset en 1834. Lorenzo de Médicis projette de tuer le tyran qui règne sur Venise. Pour cela, il lui faut l’approcher. Il va profiter du goût de la débauche du tyran pour devenir l’organisateur de ses soirées orgiaques. Las, au bout d’un moment Lorenzo devient lui même un débauché et s’aperçois que son but initial de tuer le tyran de Venise n’est plus que le pretexte qui justifie sa vie de débauché.

Donnons en quelques exemples :

L’école et l’apprentissage

L’école, l’éducation sont censées nous armer pour la vie, nous donner les clés culturelles pour assumer notre vécu, faire de nous des êtres adaptés à notre environnement culturel.

Pour cela apprendre semble une nécessité. C’est cet apprentissage qui va enrichir et organiser notre conscience cognitive à travers laquelle nous allons appréhender notre vie.

Accumuler les connaissances pour mieux réfléchir et développer notre capacité d’analyse critique est la base même de notre éducation.

Montaigne en faisais la critique en proclamant : « Mieux vaut une tête bien faites que bien pleine »

Le but est la capacité d’analyse critique et le moyen l’apprentissage !

Pourtant durant de nombreuses années priorité a été données au savoir plus qu’à la réflexion. La connaissance encyclopédique à pris le pas sur la sagesse. On à plus demandé à nos jeunes d’accumuler des connaissances qu’à en faire usage. Nous avons tous (gens de ma génération ) appris « par coeur » des poésies plutôt qu’en savourer la teneur. Pas de bonne dissertation sans références à la pensée des autres, sans citations, sans étalage des ses connaissances. Priorité au savoir, haro sur la pensée personnelle !

Le moyen (le savoir) et devenu le but. Le but (la réflexion ) n’est plus qu’un moyen pour étaler ses connaissances.

Fort heureusement, depuis quelques années un mouvement de balancier semble redonner à la réflexion (le but) un rôle plus important que le savoir (le moyen) . Réjouissons nous en !

La religion et les rites

Dans toutes religions, le but et la communion avec Dieu, l’accomplissement de ses volontés et de ses desseins. Le moyen est constitué d’un certain nombre de rites, de pratiques destiné à favoriser cette communion.

Pour être un bon chrétien, il faut aller à la messes, donner à la quête, pour être un bon musulman il faut prier, je crois, cinq fois par jour, faire ses ablutions avant la prière, faire ramadan, pour être un bon juif il faut faire shabat, respecter des rites alimentaires, …etc … etc

Petit à petit l’intérêt s’est déplacé de la communion avec Dieu vers la pratique des rituels. Être un bon chrétien, c’est aller à la messe et donner à la quête, Etre un bon musulman c’est prier cinq fois par jour et faire ramadan, Etre un bon juif, c’est faire shabat !

Ce qui était le moyen et devenu le but ( principalement chez les religieux intégristes ). Il faut et il suffit de respecter les rites pour être dans le droit chemin. La communion avec Dieu est devenu le pretexte, le moyen, pour accomplir les pratiques rituelles.

C’est bien sur le faiblesse de tous les mouvements intégristes religieux d’avoir confondus les buts et les moyens … l’être avec le paraître !

C’est aussi la raison pour laquelle les 3 grandes religions, Chretientée, Islam, Judaisme, qui recherchent la même communion, avec le même Dieu se disputent sur des problématiques de rites et de croyances sans interêts

La vie politique

C ‘est sans doutes dans la vie politique que la confusion des buts et des moyens est la plus criante.

Imaginons la naissance d’un parti politique ( imaginaire pour éviter les polémiques ! ). Il se forme généralement autour d’une idéologie développée par des sociologues, des économistes, des démographes, voire , parfois, des philosophes. Cette idéologie donne à ce parti une raison d’être, une finalité, un but à atteindre. Pour atteindre ce but, le parti à besoin de moyens. Le moyen le plus évident pour mettre en place un système socio-économique est bien sur le pouvoir politique. (si on veut imposer une vision du monde en dehors du pouvoir politique, on tombe directement dans le terrorisme ! ). Donc pour ce parti, l’objectif et d’installer un système qui, en tout cas à son avis,devrait améliorer le vécu des concitoyens, c’est son but. S’assurer du pouvoir politique, et de l’assentiments des populations et le moyen, incontournable en démocratie, pour réussir.

Notre parti doit donc orienter sa stratégie politique, sa propagande ou son information, son implantation géographique, pour s’assurer des succès électoraux qui pourront lui donner la gouvernance du pays. C’est dans ce but qu’il mobilise ses cadres, ses militants et ses sympathisants.

Ce parti va peut être arriver au pouvoir, peut être en être chassé, y revenir, bref vivre sa vie de parti politique. On s’aperçois vite, que se qui mobilise les cadres et les militants ne sont pas les phases ou le parti est au pouvoir, mais celles ou il est en phase de conquête, ou de reconquête. L’adrénaline des militant c’est la bataille pour être élu, ou ré-élu. La pratique du pouvoir est plutôt une phase morte, sans enjeux, plutôt compliqué, ou on se trouve en face des réalités plus complexe qu’imaginés dans l’idéologie proclamée. C’est une phase de remise en question difficile.

La vie du parti va donc, rapidement se focaliser sur la prise ou la conservation d’un pouvoir dont seule la conquête est exaltante. Ce qui était un moyen devient un but. Le but devient un moyen. Le but initial, qui était l’amélioration du vécu des citoyens, devient le prétexte, l’argument de la prise du pouvoir, l’idée sur laquelle on va mobiliser les électeurs pour qu’ils vous accordent leur suffrages et vous portent au pouvoir !

La vie des partis politique suit toujours ce mouvement de dérive. C’est bien dommage ! Beaucoup devraient s’efforcer de retrouver leur jeunesse et s’atteler à la réalisation de leur but initial


"La confusion du but et des moyens"   


Back To Top