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Chloroquine, Mythes et religions

En cette période, pour le moins anxiogène, de nombreuses rumeurs plus ou moins fondées circulent. L’une d’elle, fondées sur certaines observations du professeur Raoult de Marseille, touche au possible bienfait de la Chloroquine. C’est un anti paludéen qui aurait la capacité de réduire la charge virale chez des patients infectés.

Cette affirmation qui suscite bien des espoirs ‘est, à l’heure actuelle, pas démontrée.

Mon objet n’est de prendre parti « pour ou contre » sur un sujet sur lequel, ni moi ni personne ne peut trancher mais plutôt d’utiliser ces comportements pour rechercher le mécanisme de fondement d’une telle rumeur.

La psychologie relativiste montre combien devant toute situation l’homme a besoin de se positionner, de se situer, de se référencer. C’est cette position relative devant tout objet, être, situation, qui lui donne un sens.

Rien n’a de sens en soi, c’est le regard que l’on pose, la vision que l’on en a qui lui donne une raison d’être, une existence pour nous.

En incapacité de se situer devant les événements l’homme se trouve dans une situation de non-sens, d’absurde, d’incapacité à prendre conscience de sa réalité. Cette absence de repères est moteur d’angoisse difficilement supportable.

Pour résorber cette angoisse l’homme a tendance à s’inventer des repères vis à vis desquels il sera en capacité de se situer. C’est la naissance des croyances. Elles sont des « points de repères » fabriqués (virtuels) par rapport auxquels l’homme pourra se sentir positionner, référencé. On comprend pourquoi faire abandonner ses croyances à un individu (donc lui faire perdre tout sens à sa vie) est une tâche longue et difficile. La « dé radicalisation » en est  un exemple.

Devant les mystères de la nature nos ancêtres se sont trouvé bien démunis. Le soleil, la pluie, le vent, les éruptions volcaniques, les tremblements de terre, les inondations étaient des phénomènes à la fois redoutés et inexpliqués. Pour leur donner un sens l’homme a alors inventé de toutes pièces les dieux (Râ, Éole, Neptune, …). Même les sentiments inexpliqués comme l’amour, la guerre, ont eu leurs dieux (Éros , Mars, …)

Au fur et à mesure que tous ces phénomènes ont reçu une explication (plus ou moins valable dans le temps) les hommes ont abandonné les dieux de la nature pour se réfugier vers de dieux des « sentiments ». La justice, l’égalité, la richesse, … ont fait l’objet de diverses déifications , jusqu’à en venir aux religions monothéistes dans lesquelles le dieu unique remplace, avec les pleins pouvoir, les panthéons anciens. Les religions les plus anciennes ont gardés leurs dieux multiples (Indouisme, Bouddhisme), les religions plus modernes n’ont conservées qu’un seul dieu (Judaïsme, christianisme, Islam, et dérivés) qui gouverne les sentiments, les rapport entre le hommes, et donc la morale. Cette morale est un point de rencontre entre les hommes, la références qui les réunis.

Devant l’inexplicable devant l’impossibilité de se positionner les hommes ont donc inventé, non seulement les dieux qui expliquent, mais aussi les dieux qui définissent les règles de vie, les morales

Bien sûr les dieux expliquent tout, mais rien n’explique les dieux !

Revenons-en à la chloroquine qui fait couler tellement d’encre et de salive ! Nous sommes confronté à un épidémie largement mortelle, devant un virus que nous ne connaissons pas, une évolution de la maladie que nous découvrons « sur le terrain » au fur et à mesure de son développement. Les informations, les décisions, sont prise « à l’arrache », au jour le jour, souvent contradictoires, souvent scientifiques, souvent politiques (même parfois au sens noble du terme) et ceci nous met dans une situation d’angoisse. Nous sommes comme nos ancêtres devant une éruption volcanique, impuissant à nos positionner devant un événement sans précédent. Alors comme nos ancêtres nous cherchons à nous réfugier dans le « magique ». Lorsqu’un personnage au demeurant crédible, de notoriété établie, comme le professeur Raoult nous propose « la solution » à tous nos maux, nous sommes prêt à adopter une nouvelle croyance pour peu qu’elle nous permettre de nous situer. Il y les pour (les pro en latin … mais rien à voir avec les professionnels) qui ont leur micro dieu (Raoult) qui croient à l’usage bénéfiques de la chloroquine en se référant aux observations du Pr Raoult. Il y a les contre (con en latin … je m’excuse pour eux !) qui réfutent ces observations en référence aux études décevantes faites par les chercheurs Chinois, devant l’absence de preuves de l’efficacité du médicament, et les nouvelles connaissances sur la maladie qui privilégient d’autres pistes de recherche.

Dans cette polémique les « pro » ont l’avantage. Ils ont le messie et le remède auxquels les « con » n’opposent que le doute et  la raison. Les « pro » sont ancrés dans leur croyance et leurs certitudes, sur d’eux. L’opinion à le choix entre la croyance magique qui va les sauver ou le doute qui les maintiens dans l’incertitude qui les ronge. Le choix est, généralement, vite fait.

Comme toujours c’est l’histoire qui départagera les camps. Soit la chloroquine s’avère efficace et le professeur Raoult sera vénéré en héros et ses détracteurs scientifiques vilipendés, soit elle se révèle inefficace et son messie ridiculisé. En fait les deux « camps », quel que soit celui qui aura raison,  auront fait preuve de sectarisme et de « délit de certitude ».

La certitude est le pire de tous les vices et la mère de tous les conflits

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