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Réalité et illusion

C’est un problème fondamental en philosophie que de distinguer dans notre vécu ce qui relève de la réalité et ce qui relève de l’illusion.

Traditionnellement dans nos cultures on fait le distinguo entre la réalité et l’illusion.

La réalité concerne des faits avérés, objectivement constatés, alors que l’illusion traduit des faits subjectivement observés qui seraient le fruit de notre imagination, sans réalité objective.

Il y a 2600 ans, Bouddha avait avancé l’idée que tout fait observé était dû à des représentations mentales et sans réalité objective. Pour lui, la vie tel que nous la percevons n’était qu’une vision, une illusion sans fondement objectif. Cette illusion, le karma, générée par nos sens dans la communication avec les autres, était forcément imparfaite et trompeuse. Vivre à travers elle nous éloignait de nous-même et nous empêchait d’atteindre la plénitude de notre être. Pour lui, la vraie vie était au de-là de ce monde d’illusion, au de-là des représentations mentales, dans une sorte de « néant » mental et relationnel.

Cette approche, un peu nihiliste, si elle peut, peut-être, permettre à un individu d’atteindre une certaine plénitude de son être conduirait une société conçue autour de la notion de relation aux autres, à sa destruction, à sa perte

Aujourd’hui, la psychologie cognitive s’appuie sur cette conception de la conscience comme formée de représentations mentales issues de notre expérience et s’efforce de prédire les comportements humains en fonction de la structure même de cette conscience. Contrairement à l’idée de Bouddha de nier ce mode de représentations la psychologie va s’appuyer sur elles pour comprendre les comportements humains et si nécessaire les corriger.

Personnellement je considère la conscience comme un réseau de représentations mentales liées entre-elles par de liens logiques, construit au hasard de nos expériences vécues, et allant des représentations les moins formulées (conscience émotionnelle) au plus formulées (conscience cognitive)

Dans ce schéma, le vécu, fait d’illusions crées par notre conscience constitue la seule réalité accessible à l’individu. La conscience de chaque individu étant unique, puisque lié à ses propres expériences, le vécu de chacun est différent.  La réalité objective, qui serait commune à tous si elle existe, ne nous est pas accessible, et seul une image du vécu sous forme de réalité subjective nous est offerte.

 

En fait, Il est très difficile de définir la vérité de la vie. Dans tout système fermé la définition d’un élément du système ne peut se faire dans l’absolu. Un élément, dans un système fermé, ne peut pas se définir par rapport à lui-même, il ne peut se définir qu’à partir d’une référence extérieure. Si on parle de la vie et qu’on veut définir sa réalité, c’est impossible. Un homme peut se définir par rapport à ses congénères humains, Il se défini comme étant plus grand, plus petit, moins courageux, …Il ne prend son identité que par rapport aux autres (qui sont en dehors de son propre système fermé). Sa relation aux autres et sa prise d’identité se fait au travers de la communication, du positionnement. On peut, par exemple, définir les hommes par rapport aux animaux, aux végétaux, aux minéraux, qui sont en dehors du système fermé des humains (donc des référents externes).

Pour définir la vie, l’existence, il faudrait se référer à un élément extérieur à la vie … et là, on manque d’éléments de référence. Si on ne peut définir l’existence, on peut, par contre, essayer d’en donner une représentation en « inventant » un référent externe. C’est en général un Dieu, ou une transcendance qui sert de repère. Bien sûr, la représentation que l’on produira sera fonction de l’élément référent que l’on a envisagé. Selon ce référent transcendantal, la représentation de la vie pourra être différente. La possibilité de créer autant de représentations de la vie que d’éléments transcendants choisis montre bien que l’on n’accède non à une réalité, qui devrait être unique, mais à une représentation de la vie construite à partir d’un élément transcendant fabriqué. Une identité se défini par rapport à un référent externe, une représentation à partir d’un référent interne, imaginé, proposé, comme s’il était un référent externe. (Le concept de Dieu imaginé comme étant un référent externe, transcendant à l’univers des hommes et en fait le produit de constructions logiques forcement puisées dans notre univers humain)

 

Le sentiment qu’une réalité objective et unique existe est un sentiment dangereux. Il est la base générale des conflits entre les hommes. En effet, si un individu possède la vérité, les autres sont forcément dans l’erreur. Malheureusement, ceux qui sont supposés être dans l’erreur pensent eux aussi détenir la vérité, … et le conflit est inévitable. C’est bien le drame des religions, et des idéologies. Elles présentent des vérités non négociables ! Alors, adoptons une position plus « soft » et admettons que la vérité n’est pas unique et qu’elle prend un visage différent pour chacun d’entre nous.

 

Il est d’autres types d’illusion, non pas provoqué par une vision mentale construite à partir de notre conscience cognitive ou émotionnelle, mais inscrites dans notre vécu humain et résultant d’analyse erronée des chemins logiques de raisonnement.

C’est, par exemple, une illusion construite par un tiers extérieur dans le cadre de la « magie » ou prestidigitation. Elle consiste à nous présenter une séquence logique d’événements qui prise dans son ensemble nous conduit à un résultat attendu et sans surprise, mais qui, si on nous cache un lien logique dans la séquence nous amène à un résultat inattendu et contraire à toute logique. Par exemple un « magicien » prend une pièce dans la main gauche, la place dans sa main droite, ferme celle-ci, souffle dessus, ouvre sa main et la pièce s’est volatilisée. Le résultat est inattendu et illogique. En fait on nous a caché un chainon logique dans la séquence, celui ou le magicien après avoir posé la pièce dans la main droite l’a, en fait, conservé dans sa main gauche. Que la pièce ne figure plus dans la main droite devient alors un résultat logique et attendu. Le fait de nous avoir dissimulé un élément de la séquence logique nous conduit à une fausse analyse de la situation qui nous amène à un résultat incohérent et contraire à notre logique Une séquence réelle logique devient aberrante si on en élimine, occulte, certains événements. C’est le principe même de la « magie » de nous conduire à une vision illogique d’une séquence en nous dissimulant certains éléments de la séquence.

Autre type d’illusions, c’est lorsque l’on espère qu’un événement providentiel se produise. C’est le vécu sur un mode fantasmé d’une réalité. Dans un contexte donné on se plait (se complait) à imaginer une fin heureuse à une situation dont l’issue véritable ne serait pas forcément celle que l’on souhaiterait. C’est un phénomène de déni d’objectivité dans lequel on préfère vivre dans une réalité fantasmée que d’affronter les problèmes de la vie

 

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