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L’implication personnelle dans les événements

Nous vivons très souvent les événements dans un mode impliqué, « le nez dans le guidon » et bien souvent sans le recul nécessaire à une saine analyse de la situation. De ce fait nous réagissons à ce qui nous arrive plus « avec nos tripes » qu’avec notre raison, car nous mettons en jeu davantage notre conscience émotionnelle que notre conscience cognitive.

Rappelons brièvement le mécanisme de réaction à un événement.

Lorsque nous sommes participant d’un événement quel qu’il soit, nous commençons par le ressentir et le vivre au niveau de notre conscience émotionnelle. L’information est alors transmise à notre mémoire cognitive pour analyse critique. Cet événement va être évalué en fonction de notre système de références acquis pour définir notre positionnement par rapport à lui, et la capacité qu’il va avoir à s’intégrer dans notre système de valeurs. Trois cas peuvent survenir :

  1. L’événement ne bouscule que peu notre système de valeurs et il aura capacité à s’intégrer dans notre conscience cognitive en créant les nouveau liens logiques de dépendance au réseau existant. Il y aura peu  de remise en cause du système de valeurs et cette nouvelle expérience va enrichir notre vécu historique sans modifier de façon sérieuse notre équilibre référenciel. Notre comportement, en réaction à cet événement sera empreint de logique et de raison.
  2. L’analyse de l’événement traduit un désaccord profond avec notre système de référence et, par conséquence, son vécu aura du mal à s’intégrer dans notre conscience cognitive. Selon la solidité, la forte structuration de cette conscience Il pourra être simplement rejeté et noté comme aberrant, ou au contraire se montrer totalement incapable d’être formalisé. Cette incapacité de l’événement à être vécu sous une forme logique, cette impuissance à le formaliser, va nous laisser envahit par l’expression de notre conscience émotionnelle et nos réactions ne seront plus gouvernées par la raison mais plutôt par l’émotion. Elles seront plutôt irrationnelles et pourront surprendre notre entourage. C’est ce que l’on peut appeler un choc émotionnel.
  3. Suite à une erreur dans l’analyse critique de cet événement, celui-ci va nous paraître compatible avec notre vécu historique(alors qu’il ne l’est pas du tout). Il va s’intégrer à notre conscience cognitive mais sera en désaccord avec notre conscience émotionnelle générale.Ceci, à notre insu, va créer un point d’incohérence dans notre mémoire qui sera par la suite générateur de conflits. Toute future analyse critique qui s’appuiera sur ce point erroné générera un conflit entre conscience émotionnelle et cognitive. Alors que le comportement explicité plus haut (au point 2) entraine une réaction émotive immédiate, l’intégration erronée d’un événement dans la conscience cognitive aura un « effet retard » sur le vécu d’événements futurs.

Nos comportements impliquent alors un dilemme :

La réaction émotionnelle est, en accord avec notre vécu intime mais évidemment se trouve en porte-à-faux avec notre vision des réalités extérieures. L’individu aura un double vécu, intime et externe, qui ne seront pas en phase, non compatibles. S’il essaye de privilégier son vécu intime, son comportement sera inadapté aux réalités de son environnement, et si, au contraire, il s’efforce de se vivre en adéquation avec son environnement il éprouvera un sentiment profond de frustration.  Le vécu sera frustrant et le comportement inconfortable.

La réaction dépendra de l’impact émotionnel de l’événement.Si cet impact  est faible la conscience cognitive pourra prendre en charge l’affect et l’individu réagira de façon plus ou moins rationnelle. Par contre si cet impact est fort, la conscience émotionnelle va déborder la conscience cognitive  qui n’aura pas la capacité de gérer l’événement, de le formaliser et de l’intégrer de façon logique. L’individu va réagir de façon affective, souvent en opposition avec son système de valeurs et ses références. Son comportement sera incompréhensible  pour son entourage et même pour lui.

La réaction raisonnée se fait « dans le temps »alors que la réaction émotionnelle se fait « dans l’immédiat ». En effet la conscience cognitive reconnaît la notion de temps (de chronologie)alors que la conscience émotionnelle ne connaît que le présent.

On le voit très bien, par exemple, dans le domaine politique.La menace écologique est prise en compte dans une approche raisonnée alors que celle qui vise le chômage ou le pouvoir d’achat se fait dans l’immédiat sur un mode affectif. Le public est sensible au discours écologique et il en comprend très bien la nécessité à long terme. Cependant quand une décision vient bousculer son quotidien, l’inquiéter, sa réaction devient émotionnelle et sa vision à court terme. Il va privilégier son vécu immédiat (affectif) et totalement occulter sa vision à terme (cognitif).

C’est un des grands problèmes de la gouvernance d’un état comme le France. La remise en marche de l’économie, la lutte contre le chômage, la lutte contre les inégalités sociale, impliquent une politique à long terme.Malheureusement ce travail de fond est constamment remis en cause par les besoins à court terme de la population. La lutte contre le chômage, la réduction des déficits se heurtent à la demande de pouvoir d’achat, à la lutte contre les inégalités de revenu. Ces deux politiques sont contradictoires et s’annulent l’une l’autre. Résultat, on court plusieurs lièvres à la fois et on échoue sur les deux tableaux.


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