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L’homme : Libre arbitre ou déterminisme ?

C’est un problème récurrent depuis la nuit des temps que de savoir si l’homme est soumis à un déterminisme rigide ou au contraire s’il possède son total libre arbitre. Toutes les religions, toutes les philosophies ont, peu ou prou, abordés le problème sans y apporter une solution valable et définitive. Bien sûr, les hommes ont toujours penché dans la sens de leur libre arbitre pour se définir indépendants, libre de choisir leur vie, et se donner ainsi un sentiment de puissance légitime. Dans les religions qu’il a créées (désolé d’affirmer ici mon profond athéisme), l’homme se pare d’un manteau de libre arbitre plutôt trompeur. Leur dieu Leur dit : « Vous êtes libre de votre choix, mais si vous ne choisissez pas la voie que je vous impose, il vous arrivera les pires avanies pour l’éternité ». Voilà une façon plutôt directive et « Stalinienne » de concevoir le libre arbitre.

Dans le cadre de la « psychologie relativiste », dans laquelle la psychologie et la philosophie sont étroitement mêlés (on ne peut dissocier le comment l’homme agit du qu’est-ce que l’homme) on va aborder le problème sous un angle nouveau.

Le déterminisme peut lui-même être envisagé de deux façons ;

  • La détermination par le but, par l’objectif. L’individu serait « programmé » pour aller dans un sens déterminé et ne pourrait échapper à sa destinée quoi qu’il fasse. Il devrait développer un certain fatalisme et s’en remettre à son destin sans capacité à y échapper. Son libre arbitre est quasi nul.
  • Le déterminisme par causalité. Les agissements de l’homme sont déterminés par son éducation, sa culture, ses expériences acquises, son vécu historique. En quelque sorte, il n’aurait pas vraiment de futur mais ne serait que le fruit de son passé. Ses comportements, vis à vis d’un événement, ne seraient qu’une conséquence, plus ou moins logique, de ce qu’il est. Dans cette vision le libre arbitre est nul.

Bien entendu, d’autres peuvent penser que l’homme est toujours et totalement libre de ses choix et que seule sa volonté, ses désirs, vont tracer son futur. Il n’est responsable devant personne, sauf devant lui-même. Dans ce cas, son « libre arbitre » est total et son indépendance absolue. Bien sûr cette approche esquive la notion de : » comment se forment les désirs, comment nait et s’oriente sa volonté ».

Dans la psychologie relativiste et la philosophie adjacente (sans qu’on puisse distinguer ce qui est psychologie de ce qui est philosophie) on peut jeter un regard neuf sur ces principes.

Rappelons les mécanismes de la création de la conscience cognitive dans la psychologie relativiste :

Celle-ci se forme, se forge, par comparaison logique entre le ressenti, le vécu d’un événement et l’acquis, le vécu historique inscrit dans la conscience. Une analyse critique du ressenti de l’événement vis à vis de son histoire personnelle va déterminer le positionnement de l’individu vis à vis de l’événement. Cette position va définir comment et pourquoi ce vécu de l’événement va s’intégrer et enrichir la conscience cognitive (et définir comment l’individu va réagir et choisir ses comportements dans le cadre de l’événement). On définit donc un déterminisme de causalité. L’individu, sa volonté, ses désirs sont le fruit de son histoire, de son vécu intégré à sa conscience. Il n’a donc aucune liberté vis à vis de son futur et il n’est que le fruit de son histoire. On n’est pas loin du slogan Punk : « NO FUTUR !». La « psychologie relativiste » serait-elle un branche dérivé d’un mouvement PUNK-DISTROY ?

Dieu m’en garde ! Pour un individu, l’important n’est pas ce qui est, mais ce qu’il en ressent. Ce qui importe n’est jamais ce qui se passe (un sorte de réalité inaccessible) mais comment on vit les événements. Le vécu prime toujours sur la réalité ! En fait, ce mécanisme surdéterminé qui gouverne les agissements de l’homme est extrêmement complexe. Il met en jeu des milliers et des milliers (voire plus) de liaisons logiques de la conscience cognitive acquise, en relation avec les milliers et les milliers de liaisons logiques proposées par le vécu de l’événement. Cette infini complexité qui gouverne la naissance du positionnement est absolument inaccessible à la conscience d’un individu. Tout se passe si vite, tout est si riche de détails que l’individu n’en appréhende pas la genèse, le déroulement. Tout au plus garde-t-il une certaine conscience du résultat final, de son choix (son positionnement). N’ayant pas conscience des mécanismes surdéterminés qui ont conduit à ce choix, il peut penser, en toute objectivité, avoir fait un choix libre et se définir comme un individu doté d’un « libre arbitre ».

C’est le côté merveilleux que nous offre la psychologie relativiste, nous sentir libre par-delà notre asservissement à notre déterminisme !

J’espère que le développement des neurosciences et la connaissance de plus en plus pointu du cerveau ne viendra pas mettre en lumière cette merveilleuse supercherie et nous ramener à notre condition d’esclave de nous-même !

N.B. Cette notion de libre arbitre est à rapprocher de la notion de hasard. Celui-ci se produit quand un événement totalement imprévisible survient. Une des meilleures définitions du hasard a été donnée par Augustin Cournot (1843)

Le hasard provient de la rencontre de deux séries causales indépendantes

Cette définition tout à fait sympathique pêche cependant sur un point, la définition de « la rencontre ». En effet s’il y a « rencontre » on peut envisager qu’il y à causalité. En ce sens, cette « rencontre » de deux séries causales ne générerait pas un « hasard » mais au contraire la fusion de deux séries en une troisième série causale.

Dans les générateurs de « nombres aléatoires » la production de ceux-ci sont le fruit d’algorithmes complexes, mais tout algorithme engendre immanquablement un déterminisme. Les séries de nombres ainsi obtenues ne produisent que des nombres « pseudo-aléatoires », non pas qu’ils soient imprévisibles (nombres aléatoire) mais parce que l’on ne sait pas les prévoir (nombre pseudo-aléatoires), qu’on ne peut appréhender leur déterminisme.

On retrouve ici la notion de « pseudo-libre arbitre » évoqué pus haut.

Dans les deux cas évoqués, le caractère « déterminé » ou non est lié à la capacité d’élaborer un modèle de l’événement un modèle suffisemment précis pour rendre ses conséquences prévisibles. Il n’y aurait donc aucun hasard, mais uniquement des phénomènes que l’on ne sait pas modéliser.

 

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