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Les conflits dans une fratrie

C’est un problème classique et récurent que les conflits entre ainés et cadets dans une fratrie.

L’ainé, d’abord enfant unique, développe avec ses parents une relation totalement fusionnelle. N’ayant que peu de références (sa conscience cognitive est très peu peuplée) il utilise les références de son environnement pour se situer. Il ne fait qu’un avec ses parents et vit en totale dépendance vis à vis d’eux. Sa sécurisation passe par eux.

La naissance d’un cadet va bousculer et remettre en cause cette structure. Devant faire face au nouveaux besoins de cet enfant les parents vont consacrer beaucoup de leur temps au nouveau-né et c’est autant de temps qu’il ne pourront consacrer à l’ainé. Celui-ci qui avait « des parents à plein temps » ne dispose plus que de parents à « mi-temps ».  Dans sa relation fusionnelle c’est véritablement la perte d’une partie de lui-même, une sorte de « petit deuil » qui lui sera difficile de vivre. Souvent l’ainé passe bien ce cap toujours difficile et compense la perte d’une partie de son vécu fusionnel en endossant le rôle de grand frère qui lui redonne de nouvelles références en le situant « dans la cours des grands ».

Souvent, malheureusement cela ne se passe pas aussi bien. L’ainé vit une véritablement situation d’abandon. Il en veut à ses parents de leur désertion (vécue comme une trahison) et il en veut à son cadet, rival qui lui prend sa place. L’expression de ce « mal être » ne se fera pas directement vis à vis des parents (bloqué par la relation de dépendance affectueuse et fusionnelle avec eux) mais s’exprimera directement dans l’agressivité développé à l’encontre de son cadet. Il se venge à la fois de son cadet qui a usurpé sa place et  de ses parents en s’en prenant à celui qui semble être devenu leur nouveau « petit chéri ».

L’attitude de l’ainé ne doit pas s’interprétée comme une réaction agressive mais plutôt comme une réaction de défense légitime :

Mes parents me laissent tomber et mon cadet veut prendre ma place.

En ce qui concerne le cadet, qui bien évidemment n’a aucunement le sentiment de chasser son ainé, l’agressivité de celui-ci est très mal vécue. Lui aussi à une réaction de défense :

Mon ainé me déteste.

Le problème est que l’on ne va pas en rester à ce conflit enfantin. Les deux enfants vont construire leurs relations familiales autour de ces deux interprétations erronées. Chacun d’entre eux analysera chaque situation en fonction de  son erreur initiale. L’ainé verra toujours dans les agissements et propos de son cadet le rival qui veut prendre sa place, et le cadet un ainé qui le déteste.

Rappelons brièvement le processus de la construction de la mémoire (conscience cognitive). Tout événement vécu est ressenti, puis analysé par la conscience cognitive sur la base des critères historiquement intégrés. C’est la confrontation du ressenti et de notre vécu historique qui va donner son sens à l’événement et l’intégrer à notre mémoire. La conscience de la situation se construit donc strate par strate au fur et à mesure des expériences, chaque couche servant de critère d’analyse pour la couche suivante. On comprend facilement que l’analyse d’un événement familial en fonction des critères erronés, comme ceux intégrés par l’ainé ou le cadet donne naissance à une vision du vécu familial biaisé pour les deux enfants. Le traumatisme de l’enfance va se perpétuer dans la fratrie, et la vision négative imprégnera le vécu familial. Dans la vie quotidienne ce sont les vécu les plus récents, les plus accessibles à la mémoire qui sont sollicité en premiers, ce sont eux qui, prioritairement, influencerons l’analyse critique des événements. Ils seront cependant entaché d’erreur puisque construits à partir de réminiscence enfantines biaisées. Ces enfants se reprocherons tout et n’importe quoi sans avoir conscience de leur erreur d’analyse. Les reproches qu’ils pourront se faire seront, évidemment, dépourvus de sens et totalement incompréhensibles. Chacun ne pourra pas comprendra l’attitude de l’autre (car il l’analysera sur la base de critères biaisés par ses expériences passées erronées) et ceci renforcera  l’animosité réciproque qui  de ce fait sera auto entretenue et ne fera que croitre. Bien sûr la réconciliation sera de plus en plus difficile.

Voilà deux enfants qui « s’en veulent » réciproquement alors qu’ils sont tous les deux  des victimes. Le cadet est victime du « mal être » de son ainée qui lui-même est victime de sa situation familiale. Ceci devrait conduire à une forme de solidarité … mais l’agressivité se tournerai immédiatement vers les parents ce qui est affectivement difficile à envisager pour les deux enfants.

Les parents sont eux-mêmes les victimes d’une vision sociale un peu utopiste. Elle consiste à penser, dans une idéalisation de la famille, que l’entente entre membres d’une même famille va de soi, une sorte d’a priori, innée, et par voie de conséquences qu’il n’y a pas lieu de s’en soucier. C’est malheureusement faux et l’expérience le démontre tous les jours ! Une bonne relation familiale se construit. Il est regrettable que cette vision idéalisé de la famille nous ait empêché de forger les outils pour cette réalisation qui pourraient permettre aux parents de gérer, au mieux, cette situation toujours difficile. Les vision utopistes masquent les problèmes et conduisent à bien des déceptions. Les parents, démunis devant la situations, sont également victimes de cette conception sociale erronée.

Comment sortir de cette spirale délétère ? Difficile, les parents, objet et générateur du conflit ne peuvent agir. Toute intervention de leur part est considérée comme une prise de partie et ne fait que raviver le conflit. La solution ne peut venir que des protagonistes et de leur volonté (ou non) d’arranger les choses. Dans la mesure où il s’agit d’un « faux conflit », une sorte de « malentendu »  la seule volonté de le résorber est suffisante pour, par petit pas successifs et réciproques, arranger les choses. Mais cette volonté est bien difficile à admettre, peut-être que la compréhension du mécanisme de la genèse du conflit pourrai faire réfléchir !

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