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Le psychologue et le travail avec les enfants

Pour un psychologue le travail avec les enfants est une tâche difficile (mais peut-être moins que le travail avec des adultes !) car le fait de travailler « avec » et souvent perçu par l’enfant comme travailler « contre ».

 

VISION THEORIQUE

Rappelons quelques principes de la psychologie relativiste :

  • Notre psyché est, très schématiquement, composée d’une conscience émotionnelle réceptacle de nos émotions (zone de chaos non structurée) et d’une conscience cognitive formalisation, structuration de nos émotions dans des représentations mentales liées entre-elles par des relations logiques de dépendance.
  • A la naissance le bébé a une conscience cognitive très pauvre et vit surtout de sa conscience émotionnelle (comme tout petit animal supérieur) vit essentiellement de sa conscience émotionnel. Il ressent mais ne comprend pas, il a des émotions mais pas de sentiments.
  • Le vécu émotionnel entraine des relations à l’environnement d’un type fusionnel dans lequel le petit enfant, sans autonomie, ne distingue pas réellement la frontière entre lui et son environnement.
  • Au fur et à mesure de sa « maturation » l’enfant va développer sa conscience cognitive, va développer son identité et prendre de l’autonomie. Il commencera à prendre de l’autonomie et en se détachant de son environnement acquérir la notion de frontière entre lui et le autres. Sa relation passera progressivement du mode fusionnel au mode empathique.
  • Ce passage progressif et lent de l’univers fusionnel au relations d’empathie caractérise le passage de l’enfance, à l’adolescence, et à l’âge adulte.
  • Le passage à l’autonomie (relations empathiques) est anxiogène car innovant alors que la régression dans le monde fusionnel est sécurisant, mais aliénant. Cette dualité marquera tout le passage de l’enfance à l’âge adulte.
  • Comprendre l’enfant c’est avant tout être capable d’évaluer à quel stade de maturation il est (en fonction des circonstances de sa vie)

Pour parler plus précisément de l’enfance et entrer schématiquement dans son monde disons que :

  • L’enfant est sans autonomie, il vit à travers son environnement, ce qui lui permet de d’exister dans la fusion. Il s’agit principalement d’abord de sa mère (stade prénatal et natal) puis de son environnement familial (petite enfance) puis d’un cercle plus large, parents, amis, professeurs, éducateurs (adolescence). C’est un point difficile à comprendre pour nous autres adultes qu’un enfant existe surtout dans sa relation à son monde extérieur et sans autonomie propre.
  • Plus difficile à admettre c’est que pour un enfant son environnement n’existe que dans la relation qu’il peut avoir avec lui. Par exemple, vis à vis de ses parents (dans un univers conventionnel), l’enfant ne voit que la mère qui protège, qui fait des gâteaux, qui console, il ne voit que le père qui entraine, forme, éduque. Il ne voit pas en ses parents des individus qui ont une vie en dehors de lui, qui ont leurs problèmes, leurs besoins, leur existence propre. La notion d’autonomie lui est totalement étrangère.
  • Ce n’est que progressivement en fin d’adolescence que l’enfant acquière une identité marquée, donc une certaine autonomie et qu’il pourra comprendre que l’univers ne se réduit pas à ce qu’il en connais mais que tout être à son propre vécu, son existence propre. En forgeant son identité l’enfant se démarque des autres, ne veut plus en dépendre. Se différenciant des autres, inévitablement il différencie les autres de lui. L’identification est une sorte de deuil des autres. Si on n’est pas les autres, les autres ne sont pas nous !

Pour terminer cette description de l’univers de l’enfance et maintenant parler plus précisément des enfants dit « difficiles » (qui sont généralement des enfants qui ont eu une vie difficile) il nous faut parler de la violence.

  • La violence n’est pas une caractéristique d’un individu. Personne n’est violent de nature. On ne nait pas agressif, on le devient. Toute violence vient d’un sentiment d’impuissance. Derrière tout individu violent cherchez toujours ce qu’il voudrait faire mais qu’il ne peut réaliser.
  • L’incapacité à trouver sa place dans une société, le sentiment d’impuissance à s’intégrer génère la violence que l’on peut observer dans nos banlieues, dans les bandes de casseurs.
  • Vous avez surement observé sur une plage un enfant en train de construire un château de sable, dès qu’il l’abandonne un plus jeune vient piétiner ce château et le détruire. C’est le sentiment d’impuissance à faire de même qui pousse à cet acte agressif. Quand on n’est pas capable de construire, la seule façon de créer c’est de détruire. Derrière toute destruction il y a un désir de création contrarié. Derrière tout nihilisme il y a une identité qui ne peut éclore.
  • Une autre violence est le fait des enfants qui n’arrivent pas à sortir de l’enfance, qui n’arrivent pas à « maturer ». Ce fait de ne pouvoir éclore, de se sentir confiné dans l’aliénation du vécu fusionnel crée un sentiment d’impuissance à exister qui engendre de la violence. La régression engendre de la violence. (On peut observer cette violence contre soi-même par exemple dans l’anorexie)
  • Évidemment, et malheureusement, certains enfants cumulent les trois volets de l’impuissance. Difficulté à sortir de l’enfance, incapacité à s’intégrer dans la société, désir de création contrarié.

ASPECT THERAPEUTIQUE

Loin de moi l’idée de donner des conseils aux thérapeutes, je n’en est ni l’envie, ni les compétences. Je ne suis qu’un théoricien technocrate … chacun son rôle ! Par contre je peux m’autoriser à suggérer  quelques pistes.

  • Soigner un enfant c’est avant tout communiquer avec lui. Il faut donc entrer dans son univers, faire partie de sa fusion pour exister à ses yeux comme un élément de lui-même et non comme un corps étranger qui sera rejeté. Pour un adulte il est très difficile de s’immiscer dans un tel milieu, d’autant plus qu’il ne faut pas y  jouer le rôle enveloppant de protecteur (dans une relation régressive) mais celui de référant, point fixe à partir duquel l’enfant pourra se resituer et développer ses repères. Il s’agit peut-être d’assumer le rôle que les parents n’ont pas su incarner ?
  • Pour éclore et chasser de son esprit ce sentiment d’impuissance, l’enfant a besoin de réussir, qu’il s’agisse de réussite scolaire, sportive, de militantisme, de prise de responsabilité. Autant d’éléments qui peuvent le différencier des autres, lui forger une identité bien à lui à travers la reconnaissance des autres. Si un adulte peut (plus ou moins) s’auto référencer, l’enfant a besoin du regard des autres pour exister.
  • Le thérapeute devra être positif, bienveillant, encourageant mais sans cocooning. Il doit se comporter en référent, comme un point fixe par rapport auquel l’enfant pourra se resituer en positif ou en négatif. Il devra être juste, mais sans complaisance pour inculquer les valeurs sociales et de relation aux autres. C’est en sortant de la fusion que l’on acquière l’empathie nécessaire à l’intégration sociale.
  • L’intégration sociale ne viendra que plus tard, après que l’enfant aura affirmé son identité. Pour s’intégrer il faut savoir ce que sont les autres, mais avant tout savoir qui l’on est et ce que l’on est.

"Le psychologue et le travail avec les enfants"   


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