skip to Main Content
01 42 59 15 27 patrick@rouillier.com

Vouloir définir en quelques lignes l’autisme et l’intégrer au mécanisme général du fonctionnement de la conscience cognitive semble une gageure. Ce n’est pas grave , tentons le coup ! Mon grand avantage, c’est mon ignorance en la matière, donc pas d’idées préconçues, pas de discours de chapelle, … terrain vierge !

La vérité, dit-on sort de la bouche des enfants, donc des ignorants. Enoncer des propositions plus ou moins connues sur l’autisme est du domaine des « sachants », mais s’engager dans un chemin non tracé, non balisé, encore vierge, est du domaine des ignorants. La créativité se trouve hors des idées reçues, dans le brouillard.

autisteBien sur je peut me « planter » et débiter un discours sans intérêts. … et alors, je ne serais ni le premier ni le dernier, et la terre ne s’arrêtera pas de tourner. Au moins j’aurais essayé ! … un des vecteurs de la créativité c’est de ne pas craindre l’echec.

Je propose d’envisager l’autisme ainsi que dans le cas de toutes psycho-pathologies comme un dysfonctionnement de la mémoire cognitive,. Il implique une élaboration de la conscience cognitive très perfectionné, trop perfectionnée, trop en avance sur le développement attendu d’un enfant. Très construite, donc plutôt rigide , cette conscience cognitive est si riche, si complexe que l’individu en perd la maitrise, ne s’y retrouve plus. ( un peu comme moi quand j’essaye de lire les écrits de A.Finkielkraut ou de M.Onfray!). Cette conscience cognitive rigide qui devrait être une cuirasse, définir une identité forte, devient si complexe que l’individu n’arrive même plus à s’identifier à lui même, ne se retrouve plus. Le détail prime sur les principes. Ce qui devrait être une défense devient un élément anxiogène. Ce qui devrait construire une identité cohérente conduit à une personnalité émiettée. L’individu ne peut plus gérer sa propre complexité.

Le premier réflexe de défense et de renier cette conscience cognitive perturbante, et d’en dénier les mécanisme. Le refus de « travailler » avec elle se traduit par le refus d’utiliser ses mécanismes et ses fonctions, de communiquer, de se positionner, de s’identifier. Tout appel à la conscience est source d’éparpillement, de perte d’identité, et donc d’angoisse.

Le deuxième niveau de défense ( puisque la conscience cognitive ne doit pas être utilisée ) va faire appel à la conscience émotionnelle, instinctive. Pour que ce vécu ne soit pas perturbant, (le vécu émotionnel est sans structure, sans direction, sans cohérence) l’individu va se vivre au travers de mécanismes les plus simples possibles, rites, actes répétitifs, qui vont lui permettre d’exister sans se mettre en danger. Gare à qui s’opposera à ces rituels, il déclenchera des réactions d’angoisse, de panique, des réactions brutales et agressives.

Ce tableau schématique des mécanismes de l’autisme pourraient servir à établir des stratégies thérapeutiques.

Il est vraisemblable que l’approche raisonnée, logique, pédagogique,pour reconstruire la conscience cognitive ne donnera rien. Le sujet est en défense, et raidi contre cela.

Une stratégie d’évitement pourrait être d’utiliser le chemin que le sujet utilise pour sa défense, l’appel à des mécanismes primaires et instinctifs, l’apprentissage de rituels de plus en plus élabores, la relation avec des animaux (moins perturbante que celle avec les humains), les environnements ludiques.

Le passage d’un environnement hyper normalisé, hyper stable, hyper répétitif, à un environnement plus en surprise devra accompagner les progrès, mais jamais les précéder.

Le sujet devra reprendre la maitrise de sa conscience, ne plus craindre de l’utiliser, de l’enrichir, donc de communiquer. Il faut retisser les liens entre les représentations mentales de la conscience cognitive, y créer les éléments simple de coordination et de cohérence.


"L'autisme et sa mécanique"   


Back To Top