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La relation ambivalente Sujet – Objet

0n peut dire que le sujet de cet article à fait l’objet de nombreuses publications

Dans notre langue et sa grammaire la notion clairement définie :
Le sujet fait l’action ou pense, le verbe défini l’action entreprise, l’objet (complément d’objet) subi l’action ou est pensé.
Par exemple « Je casse du bois », Je (moi) est le sujet de l’action, celle-ci est de casser, et l’objet qui subit l’action est le bois.
Dans la réalité ce n’est pas toujours aussi simple et un certain niveau de confusion existe entre sujet et objet. Donnons quelques exemples :
On dit par exemple « Monsieur Dupont est sujet à la dépression ». On devrait dire « Monsieur Dupont est l’objet d’une dépression » puisque Monsieur Dupont subi la dépression. Mais cette maladie psychique n’est pas causée directement par un agent extérieur mais par la perception que Monsieur Dupont en a. Il en est donc responsable. On est dans un cas ambiguë ou Monsieur Dupont est à la fois sujet et objet en ce sens qu’il crée et subi sa maladie.
On peut également dire : « Le sujet de la discussion est la mise en place d’un protocole » dans cette phrase l’action est la mise en place d’un protocole, l’élément actif est la discussion et, l’élément passif le sujet de la discussion. Le sujet se trouve être l’élément passif ! Peut-être devrait-on dire : « L’objet de la discussion est la mise en place d’un protocole » car ceci rétablirait chacun dans son rôle. L’objet devient l’élément passif.
Autre sujet de confusion.
Si je dis phrase 1 : « ce raisonnement est sujet à discussion » le raisonnement, qui est l’objet passif des discussions et qualifié de sujet dans la phrase, alors qu’il devrait être objet..
Si je dis phrase 2 : « Ce raisonnement est l’objet de discussions » le rôle de chacun est rectifié, mais la phrase change de sens. Dans la première phrase on affirme que des discussions sur le raisonnement sont possibles, dans la second on affirme que des discussions sur le raisonnement sont en cours.
Encore un point de divergence. On parle « des sujets du Roi », hors on sait bien que ces sujets étaient, en fait, les objets du Roi exploitables et corvéables à merci.
On peut également dire « les sujets du BAC sont l’objet de toutes les convoitises ». Ceci semble dire que les sujets sont, en fait, des objets, mais si on lit avec attention
1) Les « sujets du BAC » ne sont pas un élément actif, mais passif … ils devraient donc être des objets.
2) Quant aux « objets de convoitises » que sont les sujets du Bac, ils sont bien des éléments passifs à positionner non pas vis à vis du BAC, mais vis à vis des convoitises et doivent bien être considérés comme des objets.

Conclusion
L’humain est un animal étrange qui se gère à la fois comme sujet et objet. Il est sujet quand il agit, poussé par ses pulsions, en réaction à ses affects. Il est objet quand il se juge, évalue ses actions, ses performances, quand il devient spectateur de lui-même. Notre conscience émotionnelle nous entraine à réagir alors que notre conscience cognitive contrôle nos élans. On retrouve ce concept dans les adjectifs « « Objectif », contrôlé par la raison et « Subjectif » animé par la pulsion.
On retrouve dans la confusion sujet/objet la confusion que j’ai déjà décrit entre le but et le moyen. Le moyen, l’outil, peut être considéré comme un objet, alors que le but, vers lequel tend l’action peut être assimilé au sujet. Quand un parti politique se crée c’est en général pour atteindre un but (l’égalité entre les hommes, le libéralisme, le nationalisme). Mais pour atteindre ce but des moyens doivent être mis en place, notamment le prise du pouvoir. La compétition pour le pouvoir est si forte que le parti doit mobiliser toutes ses forces vives pour y parvenir. Au bout de quelques temps la prise du pouvoir devient le but ultime et l’objectif initial devient un simple prétexte (le moyen) d’y parvenir. Le moyen initial est devenu le but et le but initial le moyen.
En psychologie relativiste à la naissance on est objet (fusionnel et émotionnel) et par le processus de maturation on devient soi-même c’est à dire sujet autonome C’est la relation à l’extérieur qui établit la maturation. C’est une relation sujet-objet
Le débat sur l’avortement porte notamment sur la question : « à partir de quel moment l’embryon cesse-t-il d’être un objet pour devenir un sujet ? »
On peut se demander si l’opposition entre objet et sujet ne devrait pas s’effacer au profit du mélange. Une nuit, le philosophe taoïste Zhuangzi rêva qu’il était un papillon volant de fleur en fleur. Au réveil, il se demanda : suis-je un homme qui a rêvé qu’il était un papillon ou un papillon en train de rêver qu’il est un homme ? A moins qu’il ne soit l’un et l’autre
La relation sujet-objet se retrouve dans la notion de positionnement. La façon dont le sujet pense l’objet défini l’objet en lui-même pour le sujet, ce qui induit le positionnement du sujet vis à vis de l’objet
Notre relation au couple sujet-objet dépasse les définitions lexicales du dictionnaire de l’académie. Elle est obscurcie par notre psychologie qui nous fait à la fois sujet et objet et nous délivre une vison ambivalente du monde.

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