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La mort existe-t-elle ?

Ce qui suit doit, évidemment être pris au second degré … quoi que !

Notre existence se passe à construire petit à petit notre conscience cognitive, à l’enrichir d’expériences pour progressivement prendre notre identité, notre pleine conscience d’exister. Alors, évidemment, la pensée de la mort, destruction brutale de cette construction, vient en totale contradiction avec ce parcours et il est bien normale qu’elle nous bouscule quelque peu.

Pour un homme qui a passé les 80 ans, la situation est un peu celle d’un condamné dans le couloir de la mort. Il sait qu’il doit mourir mais il ne sait ni quand ni comment ! Paradoxalement alors que le condamné vit plutôt mal la situation, nous les « vieux » ne voulons pas la voir comme telle. Nous continuons notre petit vie comme si de rien était (ou presque !), à faire des projets d’avenir, à nous mobiliser pour l’avenir de la planète, la construction de l’Europe, l’avenir des retraites, ou autres objectifs qui ne nous concernent plus.

En vieillissant on devient casanier, plus renfermé. On voit les portes se fermer une à unes devant nous, il est naturel de se renfermer et de se réfugier dans son passé.

La vie est bien faites car alors que l’on s’approche de la mort, on se détache progressivement de la vie. On va quitter les autres, mais on a moins besoin d’eux.

Victor Hugo écrivait (Veni, Vidi, Vixi, « Les contemplations »)

J’ai bien assez vécu, puisque dans mes douleurs
Je marche, sans trouver de bras qui me secourent,
Puisque je ris à peine aux enfants qui m’entourent,
Puisque je ne suis plus réjoui par les fleurs ;

………….

Posons-nous la question de ce qu’est vraiment la mort. Évidemment il s’agit de la fin de la vie, mais comme celle-ci reste un mystère (je devrais dire : « Le mystère »), nous cherchons à définir une notion par rapport à une notion, elle-même, indéfinie. Définir la vie, c’est à dire donner un sens à notre système de pensée est impossible car il nous manque le référent transcendantal qui permettrai de la définir (même si nous en inventons certains dans nos religions). On ne peut se définir dans l’absolu, mais uniquement par rapport à un référent extérieur. Pas de sens à la vie veut dire pas de sens à la mort !

La vie n’a donc, pour nous, aucun sens défini. Dans notre besoin perpétuel de références nous cherchons à lui en  donner un, et c’est là toute la quête d’identité que nous menons tout au long de notre existence. L’ensemble de nos positionnements se traduit dans le sens que nous donnons à notre existence. Nous n’avons pas défini la vie, mais nous lui avons donné un sens. L’étape suivante est bien évidemment de donner un sens à notre mort.

De tous temps les civilisations ont tentés de donner un sens à cette fin de vie inexorable. Les approches vont toutes dans le même sens : nier la mort en inventant une suite à la vie. Le culte des morts chez les Égyptiens, les champs Élyséens et le Styx chez les Gréco-romains, la réincarnation chez les Hindouistes et le Bouddhistes, le paradis chez les Juifs, les Chrétiens et les musulmans, les innombrable culte des mort et des ancêtres dans la plupart des civilisations. Même chez les « purs athées »  occidentaux on continue à fleurir les tombes et se « recueillir  »sur elles, on parle aux ancêtres et on respecte leurs dernières volontés comme s’ils étaient encore parmi nous.

On pourrait penser que ceux qui croient à une vie éternelle sont sans crainte de la mort. Erreur, il faut inverser la proposition car ce sont ceux qui ont peur de la mort qui s’inventent une vie éternelle.

Le grand moteur de l’angoisse est l’incertitude, l’absence de repères, les positionnements flottants. C’est ce qui motive le développement de notre conscience cognitive pour donner structure, raison, contrôle logique à notre vision du monde.

La croyance à une forme de vie éternelle après la mort est une croyance à laquelle, en fait, personne ne croit véritablement. On voudrait y croire, mais personne n’est dupe. (seuls on put y croire, les kamikaze ou les terroristes suicidaires de Daech ou autre groupes … on peut leur concéder cette valeur). Cette attente d’une vie après la mort est plus anxiogène que sécurisante. Cette promesse d’un avenir incertain, non réellement explicité, souvent sujet à conditions d’obtention, rajoute l’incertitude à l’incertitude. On aborde plus sereinement la mort en la voyant comme la fin irrémédiable de l’existence, qu’en se projetant dans un futur improbable.

Comment, donc, voir la mort de façon la plus sereine ou la moins anxiogène possible.

La vie, plus simplement le sentiment d’exister nous est fourni par notre conscience cognitive. C’est elle qui ,en nous en produisant les représentations formalisées nous donne la conscience d’exister. Vivre c’est avant tout se sentir exister, se représenter sa vie.

La mort, elle,  n’est pas un état, c’est un néant qui ne peut supporter d’adjectif qualificatif

Tant qu’on est vivant on n’est pas mort et quand on n’est plus vivant on n’existe plus (même si les autres veulent se persuader que notre cadavre c’est encore nous) La mort ne peut être un état pour un être vivant, puisque par essence un être vivant ne peut être que vivant et que ne pas être vivant ce n’est pas être mort mais simplement ne plus être !

C’est une position beaucoup moins anxiogène que celle qui consiste à croire à une forme de vie après la mort. Au lieu de s’angoisser sur ce que pourrait être cette vie éternelle qu’on ne peut se représenter (l’éternité est un concept qui échappe à toute représentation), dont on se demande si on remplira les conditions pour y accéder dans de bonnes conditions, mieux vaut accepter de simplement « ne plus être », comme ne sont plus ceux qui nous ont précédés, comme ne sont plus les animaux, comme ne sont plus les plantes qui meurent. Nous acceptons très bien qu’animaux et plantes disparaissent définitivement du monde, il suffit d’un petit effort pour accepter que nous subissions le même sort. C’est une position « difficile à avaler » mais beaucoup moins angoissante que la vie éternelle !

PS : Nous avons le même genre de position dans le problème de  l’euthanasie. Nous acceptons d’euthanasier nos animaux familier (chiens, chats, chevaux, …) pour leur éviter des souffrances insupportables, mais nous refusons cela à « nos vieux » qui pourtant le méritent tout autant !

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