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Importance de la petite enfance en psychologie

C’est devenu un « lieu commun » que d’avancer que la petite enfance joue un rôle crucial dans le développement d’un individu. Depuis les travaux, notamment de Freud, on considère que les premières années de la vie sont le socle sur lequel va se construire la psyché et déterminer les comportements futurs de l’enfant.

C’est une donnée expérimentale (construite dans le cabinet des praticiens) dont la psychologie relativiste peut donner une représentation (un modèle).

Rappelons que dans cette psychologie on admet que la conscience est logiquement constituée de représentations mentales des événements liées entre-elles par des relations de causalité (des liens logiques).

Chaque situation de la vie est concrétisée dans une images mentale. La confrontation entre cette image mentale et l’ensemble des représentations déjà existantes dans la conscience va définir des liens logiques entre le « nouvel entrant » et l’existant. La conscience se développe alors par construction (par empilement, par analyse critique des événements, par positionnement) d’un grand réseau logique qui s’étoffe à chaque nouvelle expérience.

Par exemple la nécessité biologique de s’alimenter va donner progressivement le besoin émotionnel que constitue la faim. Cette faim va construire au hasard des expérience le sentiment du goût. A partir de là vont se développer les habitudes alimentaires, la gastronomie, l’organisation sociale autour de l’alimentation, les môdes, les conceptions économiques de l’agro-alimentaire. D’un socle parfaitement inconscient on élabore, par l’expérience, un univers de plus en plus cognitif dans un domaine socio-culturel.

On voit comment la conscience se construit par strates successives depuis nos nécessités biologiques les plus profondes jusqu’aux conceptions les plus formulées sur le plan cognitif.

Comme dans une maison dont les fondations supportent l’ensemble de la construction, la petite enfance et ses expériences seront le socle du développement de la psyché. Ce qui a été acquis dans cette période va déterminer ce que nous serons plus tard.

Jusque-là la psychologie relativiste n’apporte pas grand-chose à ce que nous savions déjà. Elle propose simplement un mécanisme pour l’expliquer. Mais la vie n’est, malheureusement pas si simple.

Reprenons l’exemple de la maison. Supposons que nos fondations ne soient pas parfaitement horizontales. Les murs vont se construire « en biais » et au bout d’un moment s’écrouler sous leur poids. La maçon, pour éviter cela va progressivement redresser le mur en jouant sur les briques, sur l’épaisseur des joints pour corriger le défaut original et remettre le mur d’aplomb. Finalement le toit sera exactement là ou il devait être et la maison sera solide.

Dans la construction de la conscience le mécanisme est le même. Certes les expériences intégrées de la petite enfance constituent les bases, le socle pour l’intégration des expériences ultérieures mais les analyses des nouvelles expériences, conditionnées partiellement par les expériences plus anciennes peuvent être également être influencées par d’autres acquis plus récent. Comme le mur que le maçon redressait progressivement les vécus les plus anciens (les plus archaïques) peuvent se trouver modifiés par l’apport d’autres expériences, dans d’autres domaines, sous d’autres influences. Nous ne sommes jamais construit sur une logique unique mais sous l’effet des nombreuses influences variées et même parfois antagonistes.

De plus, lorsque l’on fait appel à notre conscience se sont toujours les éléments les plus récents qui sont mis en avant, donc les plus cognitifs. Ce sont ceux qui s’imposent à notre vue et sur lesquels nous basons nos analyse des situations en occultant souvent les souvenir les plus anciens. Ils ne sont pas forcément en adéquation avec notre vécu intime plus archaïque. Notre pensée est complexe et si nos premières expériences sont le socle de la construction de notre personnalité (notre identité), de nombreuses expériences ultérieurs peuvent venir influer et remettre en cause nos conception originales. C’est le principe même des thérapies comportementales et cognitive que de venir corriger des expériences anciennes par de nouveaux acquis compensatoires.

Il peut, cependant, arriver que l’expérience vécue dans la petite enfance soit de nature plutôt exceptionnelle comme par exemple une mauvaise interprétation des réactions parentales,  un important traumatisme affectif qui empêche la formulation cognitive de l’événement. Dans ce cas le vécu historique, trop décalé par rapport aux réalités existantes ne pourra pas être simplement corrigé par les expériences ultérieures. L’enfant gardera une cicatrice qui ne se guérira pas toute seule. Les analyses critique des événements ultérieures seront faussées chaque fois qu’elles feront appel à  ce domaine, et une partie pathologique de la conscience peut se développer, et générer une incohérence dans la conscience cognitive. Si le trouble est trop intense une thérapie sera nécessaire.

Un exemple, malheureusement très fréquent, est le disfonctionement affectif dans une fratrie. Le schéma classique est celui-ci :

Un enfant unique est élevé par ses parents. Très normalement il développe avec eux une relation fusionnelle qui lui permet de trouver une identité à travers eux. Survient la naissance d’un cadet qui va devoir trouver sa place dans le milieu familial. Un bébé a besoin de beaucoup de soins qui occupent une grande partie du temps de ses parents. L’ainé se sent délaissé ( Il faut se rappeler combien une relation fusionnelle peut être exclusive. Toute perte d’un élément de cette relation est ressentie comme la perte d’une partie de soi-même)

L’ainé voit donc son cadet comme un prédateur, et ses parents comme l’ayant trahi. Chaque événement dans la sphère familiale sera analysé par l’ainée au nom de ces deux critères. Toute la construction de son univers familial se fera, au fil du temps,  en fonction d’eux.

Arrivé à l’adolescence, puis à l’âge adulte, pour l’ainé, l’ensemble des représentations du vécu familial  sera construit autour d’une hostilité sourde à ses parents et plus affirmé à l’égard de son cadet. Il est important de comprendre que ce sont les représentations les plus récentes, car les plus formulées qui occuperons la conscience immédiate de l’ainé et son hostilité paraitra totalement illogique et injustifiée dans les circonstances présentes. Pour en  comprendre la raison il faut la remettre en perspective avec son vécu historique, mais ni lui, ni son entourages n’en percevrons la logique.

En ce qui concerne le cadet, il va se construire sur un sentiment d’incompréhension de l’attitude de son ainé et son besoin de participer pleinement au vécu familial. Il va à son tour développer un sentiment de rejet à l’égard de son ainé, creusant ainsi le fossé qui les sépare. Pour les même raisons que son ainé le comportement du cadet paraitra illogique.

L’ainé manifeste son animosité à l’égard de son cadet. Ce dernier se sentant rejeté par son frère cherche la consolation auprès de ses parents qui compatissent (et console celui qui « pleurniche »), ce qui avive le ressentiment de l’ainé vis à vis de son cadet … et c’est une boucle infernale qui s’autoalimente. La famille se trouve embarquée dans cette spirale dont il lui sera difficile de se sortir sans l’aide d’un tiers non impliqué dans le processus (une thérapie familiale par exemple).

Notre conscience se construit par empilement des images mentales illustrant nos diverses expériences. Chaque représentation se trouve liée par une relation logique de causalité avec divers autres éléments de la conscience. Toute nouvelle expérience devra voir sa représentation intégrée au réseau logique de la mémoire. Malgré diverses influence cette intégration s’efforcera de conserver une cohérence à la conscience. Le représentation de la petite enfance se verront nuancées par les expériences plus récentes et ne seront pas le socle unique de notre conscience.

Ce n’est que dans le cas où ces représentation enfantines  entrainent une trop forte déviance par rapport aux réalités extérieures que cette correction ne pourra pas se faire. Toute une partie de la conscience sera « biaisée » et en incohérence avec la réalité intégrée et entrainera, chaque fois que l’on fera appel à elle,  des jugements erronés et des comportements inappropriés.

Sous l’effet dans fort choc affectif ou d’une expérience très anxiogène l’intégration de l’événement, mal formalisé, pourra également conduire à une partie incohérente de la conscience. Tout appel ultérieur à ce vécu se fera à travers cette vision traumatique et réactivera la choc émotionnel ou l’anxiété. C’est le principe du syndrome « post-traumatique ».

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